Contre la pollution de l'air intérieur, il est urgent de soutenir l'innovation industrielle
Natacha Kinadjian Caplat, présidente et cofondatrice de Purenat

Natacha Kinadjian Caplat, présidente et cofondatrice de la startup basque Purenat
Purenat
Natacha Kinadjian Caplat, présidente et cofondatrice de Purenat

Natacha Kinadjian Caplat, présidente et cofondatrice de la startup basque Purenat
Purenat
Avec le froid, la grippe et les virus qui reviennent, les Français remettent en route leurs systèmes de chauffage, et vont rester plus longtemps en espaces clos. C'est le moment de remettre sur la table le sujet de la pollution de l'air intérieur, un fléau pour la santé humaine. En 2022 l'OMS estimait que la pollution de l'air dans les habitations était responsable de 3,2 millions de décès dans le monde (1). En France, elle cause chaque année près de 20.000 décès (2). Si le législateur a bien prévu une surveillance de la qualité de l'air, et que le recours à des matériaux moins polluants est promu par le gouvernement et par l'Europe; l'effort d'innovation doit s'intensifier et il revient aux acteurs industriels français de saisir cette formidable occasion d'œuvrer pour le collectif.
Asthme, bronchites, allergies, AVC, maladies cardiaques et même cancers : la pollution de l'air intérieur est un véritable fléau. Elle est sept fois plus meurtrière que les accidents de la route, contre lesquels l'effort de sensibilisation et de législation est constant. Nous passons 80 % de notre temps en intérieur, où selon l'Ademe, l'air est cinq à neuf fois plus pollué qu'à l'extérieur. Or Une bonne qualité de l'air intérieur permettrait pourtant un progrès considérable en matière de santé publique, d'épargner des vies tout en gagnant en productivité : un air sain dans les entreprises par exemple, c'est 30 % d'arrêts maladie en moins et jusqu'à deux fois plus de productivité (4).
Le 13 septembre dernier, les députés européens ont décidé de légiférer pour améliorer la qualité de l'air. Mais ces évolutions n'interviendront qu'en 2035. Au regard de l'impact sur la santé des individus, c'est trop peu, et bien trop lent.
Alors que le problème de la qualité de l'air intérieur n'est pas suffisamment porté et traité par les pouvoirs publics, que les associations alertent mais ne trouvent pas de réponse satisfaisante, c'est certainement à nous, entrepreneurs de l'innovation industrielle, de prendre le problème à bras le corps pour inventer et diffuser largement des produits et des solutions performants en matière de dépollution de l'air.
Virus, bactéries, moisissures et COV sont complexes à éliminer. La filtration des polluants de l'air intérieur se fait majoritairement sur des charbons actifs. Ces charbons sont majoritairement importés d'Asie, où leur production est effectuée par combustion. Une solution qui a un impact réel sur l'environnement et le niveau d'émissions carbone. Au-delà du coût écologique, nous rend dépendants de cette ressource pour équiper nos appareils et systèmes de filtration. De plus cette matière demande une maintenance et un entretien pour espérer une filtration moins énergivore, sans pour autant en garantir l'efficacité. En outre, le recyclage n'est pas aujourd'hui suffisamment maîtrisé ni assuré.
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Voilà qui nous demande à nous, industriels, concepteurs de matériaux ou de produits, d'agir pour accélérer sur le volet technologique pour trouver des solutions durables pour résoudre ce problème de santé publique. Avec l'accélération des phénomènes liés aux dérèglements climatiques, mettre au point et proposer des systèmes de dépollution de l'air intérieur totalement efficaces est une urgence. Cette crise de santé publique ignorée peut être une chance pour la France de donner le tempo au niveau mondial, grâce à l'émergence d'une filière industrielle nouvelle, intégralement consacrée à faire mieux respirer l'humanité. C'est une ambition qui peut s'inscrire dans la ligne des objectifs de France 2030, et il faudrait que nous puissions compter sur le soutien des pouvoirs publics pour faire émerger notre filière naissante.
La pollution de l'air intérieur coûte 20.000 vies et 19 milliards d'euros (2) de finances publiques à la France chaque année. Dans le même temps, les entreprises engagées sur cette question ne cessent d'innover, mais elles ont besoin de soutien et de reconnaissance des enjeux pour émerger et réduire l'impact délétère de la pollution de l'air intérieur. Il en va de même pour les acteurs publics et les associations engagées dans ce combat. En faisant de cette problématique une opportunité, nous aurions la chance de renforcer notre souveraineté industrielle tout en apportant un vrai service à la population, en France, mais aussi dans le monde.
Accélérons. C'est urgent !
Sources et données :
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