ENTRETIEN. « Nous militons pour que le RER métropolitain ne soit pas considéré seulement comme une offre supplémentaire de mobilités mais comme un vrai levier d'aménagement des territoires autour des gares », avance Simon du Moulin de Labarthète, le directeur général de l'A'urba, l'agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine. Dans un entretien à La Tribune, il revient sur les priorités de l'agence dont la prise en compte de la qualité de vie dans l'agglomération bordelaise et au-delà.LA TRIBUNE - L'Agence d'urbanisme Bordeaux Aquitaine dispose d'une nouvelle feuille de route. Quelles en sont les priorités ?
Simon DU MOULIN DE LABARTHÈTE - Notre projet stratégique 2023-2028, validé l'an dernier, se structure autour de cinq axes : éclairer les transformations territoriales ; élargir la réflexion et le périmètre de réflexion ; questionner les futurs métropolitains ; imaginer des projets d'aménagements plus respectueux des écosystèmes naturels ; et contribuer au développement de la qualité de vie. C'est un projet bâti par les 58 collaborateurs de l'agence, tous nos partenaires et nos instances politiques.
L'enjeu c'est de prendre en compte encore davantage les dynamiques de ce territoire qui jouit d'une très forte attractivité et accueille 20.000 nouveaux habitants chaque année. Ce territoire très métropolisé a attiré beaucoup de ménages et d'entreprises qui a créé de l'innovation et de la richesse mais aussi des effets indésirables tels qu'un accès au logement de plus en plus cher, une saturation de l'offre de transport et une empreinte sur les écosystèmes naturels. Cela nous pousse à travailler sur l'étalement urbain de la métropole, des villes moyennes et des zones périurbaines, sur de nouvelles formes urbaines et sur la qualité de vie.
Comment cet attachement à la qualité de vie se traduit-il ?
Notre conviction c'est que notre mission n'est pas seulement de décliner des documents règlementaires et législatifs mais aussi de faire remonter les aspirations quotidiennes et le vécu des habitants. On a créé une équipe dédiée à cette question avec des sociologues, des paysagistes, des urbanistes. Dans ces déterminants de la qualité de vie, on trouve le temps passé dans les transports, l'accès aux établissements scolaires, aux espaces naturels mais aussi aux services de santé.
Le climat girondin a été un vecteur d'attractivité, est-ce qu'il le sera toujours à l'avenir ou est-ce qu'il sera au contraire un facteur limitant du territoire ? C'est important de se poser la question et cela rejoint les problématiques des ilots de fraicheur et de la végétalisation de la ville avec une forme d'union sacrée entre toutes les collectivités sur ces sujets. Mais cela passe aussi par la prise en compte de l'eau dans les projets d'aménagement, par la désartificialisation de certains secteurs et par la capacité à remettre en surface des petites cours d'eau qui ont trop souvent été enterrés par le passé. On travaille aussi sur l'élaboration d'une carte de la vulnérabilité à la chaleur de la métropole bordelaise en croisant différents facteurs. On voit que le centre-ville et les abords de la rocade sont les secteurs les plus vulnérables.
Propos recueillis par Pierre Cheminade