Bordeaux Brazza : le nouvel éco-quartier de la ville

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Il y avait foule hier lundi à la mairie de Bordeaux pour assister à la présentation du nouvel éco-quartier de 53 hectares baptisé Bordeaux Brazza, du nom du quai de la rive droite hérité de l'explorateur Pierre Savorgnan de Brazza, fondateur de Brazzaville, parti du port de la Lune en 1879 lors de sa deuxième expédition au futur Congo. Si l'exotisme de cette partie de Bordeaux, dominée par des activités industrielles largement transformées en friches, situées en limite de zones végétales, est plutôt cryptique, l'accroche choisie pour le futur éco-quartier Brazza, "En liberté", doit peut-être quelque chose à l'aura de grand large portée par l'explorateur d'origine italienne.
Le maire de Bordeaux, Alain Juppé, a pour sa part rappelé que Bordeaux Brazza est une nouvelle pièce dans la stratégie urbaine qu'il a structurée à partir de "l'arc de développement durable", qui part du quartier Bordeaux-Lac, avec l'éco-quartier Ginko, jusqu'à la gare de Bordeaux-Saint-Jean.
Ce nouveau concept architectural, dont Bordeaux se veut désormais l'incarnation avant-gardiste, est au cœur de l'accroche de liberté portée par Brazza. Un projet dont Youssef Tohmé, l'architecte urbaniste libanais sélectionné pour piloter ce nouveau grand projet, associé à l'architecte paysagiste Miche Desvigne, devrait devenir la figure de proue, au même titre que l'architecte parisien Nicolas Michelin aux Bassins à flot. Les volumes capables sont des surfaces partiellement aménagées, autrement dit du neuf avec travaux que les futurs propriétaires vont pouvoir acquérir à Bordeaux Brazza entre 2.100 et 2.400 €/m2 en fonction des hauteurs de plafond. Bordeaux Brazza c'est un total de 468.500 m2 de plancher et de 4.950 logements. Ce projet comporte en particulier 2.097 logements collectifs sur pilotis, 349 échoppes, 499 volumes capables. Le futur quartier va être traversé par une voie de tramway posée sur une large saignée dédiée à la communication avec un quai aménagé pour les vélos, les piétons et les loisirs, la Brazzaligne, sur laquelle 1.357 logements seront installés.
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Dans le droit fil des volumes capables, le laboratoire de recherche et développement du groupe Caisse des dépôts, le LabCDC, a mis au point le concept de structure capable, qui va s'imposer à Bordeaux Brazza via le projet Urbik's Cube, porté par l'architecte Marc Barani ; qui sera construit sur la Brazzaligne. Au-delà de leur côté logement en kit, les volumes capables sous-tendent une révolution juridique et fonctionnelle qui semble n'en être qu'à ses prémices puisque dans ce cadre un logement pourra indifféremment devenir un bureau ou un atelier d'artisan... C'est sur cette plasticité fonctionnelle que le LabCDC a travaillé avec la mise au point du plancher capable, dont la souplesse d'utilisation doit permettre de construire des bâtiments réversibles, capables de changer de fonction sans aucun problème technique.
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