Merck acte des suppressions d'emplois sur un site choyé par les investissements

Maxime Giraudeau

A Martillac en Gironde, le site de Merck emploie 420 personnes.
Merck

Maxime Giraudeau

A Martillac en Gironde, le site de Merck emploie 420 personnes.
Merck
Jusqu'ici, c'était plutôt l'idylle entre Merck et l'État. A l'été 2021, le groupe pharmaceutique allemand réservait une importante annonce d'investissement pour le sommet Choose France. 175 millions d'euros étaient promis, notamment pour développer deux sites historiques implantés sur le sol tricolore. Moins de quatre ans, l'opération financière a bien été menée... mais les retombées s'évaporent.
Suite à la restructuration de ses activités en France, décidée le 17 janvier dernier, le groupe a confirmé la suppression d'une centaine d'emplois sur son site de Martillac en Gironde, à une quinzaine de kilomètres au sud de Bordeaux. L'intersyndicale FO-CGT l'a révélé dans un communiqué qui appelle à la grève ce mardi 8 avril.
Le pôle girondin de Merck, créé en 1987, abrite les branches Life Science et Healthcare du géant pharmaceutique, qui œuvrent au développement de molécules biologiques et principes actifs utilisés dans les traitements en oncologie. A partir de 2021, le groupe avait construit quatre nouveaux bâtiments et recruté 150 personnes sur place, portant les effectifs à 450 personnes.
« Le groupe a investit plus de 80 millions d'euros sur le site, en espérant décrocher de nouveaux contrats. La direction nous explique que les clients ont été frileux suite au Covid. Ce qu'on retire de tout ça, c'est que Merck a beaucoup investi et communiqué sur le site, mais la stratégie du groupe pour trouver de nouveaux clients a été un échec complet », réagit Frédéric Guichard, salarié et délégué syndical FO, auprès de La Tribune.
Merck a en effet été victime du désengagement d'un client essentiel, l'entreprise de nutrition clinique Fresenius Kabi, qui avait contracté un contrat d'approvisionnement jusqu'en 2030. Les dernières commandes seront finalement livrées à l'été 2026. Sollicitée, la direction de Merck n'a pas réagi à notre demande de réaction.
L’actualité qui compte pour vous, chaque jour dans votre boîte mail.

À lire également
D'ici là, la direction de Merck va ouvrir la voie à des départs volontaires dans les prochains mois. Le 1er août marquera ensuite le rachat de la filiale Life Science par le laboratoire américain de recherche AbbVie, qui produira les molécules pour son propre compte. Les licenciements économiques s'étendront ensuite de février à juillet 2026. Au total, l'intersyndicale estime une suppression de 106 postes. Malgré le désamour pour la France, la situation de l'entreprise est bonne puisque son bénéfice net en 2024 s'est élevé à 2,8 milliards d'euros.
Maxime Giraudeau
L'État lance la mission sauvetage des papeteries de Condat
Flying Whales : la future usine de dirigeables XXL reçoit un nouvel avis favorable
Everwatt liquidée : la plus grande toiture solaire urbaine de France cherche un repreneur
Métaux critiques : la raffinerie près de Bordeaux décrétée in extremis d'intérêt public majeur