Hommes-femmes : les trois pires inégalités dans le monde professionnel

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80% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes.
80% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes. (Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
Hommes et femmes sont encore répartis de façon très inégale dans les différents métiers en France. Les écarts salariaux découlent tant des discriminations contre les femmes que des emplois moins qualifiés qui leur sont attribués, rappelle le ministère du travail.

Pour que les femmes et les hommes soient répartis de façon égale dans les différents métiers, il faudrait que plus d'une femme ou un homme sur deux change d'activité. Il s'agit d'un des constats émanant d'une étude du ministère du Travail (Dares),  publiée jeudi 5 mars. Voici les trois principales inégalités professionnelles que subissent les femmes, mises en avant par le rapport.

1) Plus de contrats à temps partiel subis

Les femmes sont 30,6% à travailler à temps partiel, contre seulement 7,2% des hommes en 2013, note la Dares. La probabilité de travailler à temps partiel plutôt qu'à temps plein est ainsi près de six fois plus élevée pour une femme que pour un homme tous âges confondus et près de neuf fois plus élevée entre 30 et 54 ans.

Au total, 80% des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes. Ce qui n'est pas toujours un choix. Les femmes sont ainsi plus souvent en sous-emploi: elles travaillent à temps partiel mais souhaiteraient travailler davantage. Elles sont 9,7% dans cette situation, contre 3,5% des hommes, mentionne la Dares. Entre 2003 et 2013, le taux de sous-emploi a augmenté pour les femmes, mais aussi pour les hommes.

2) Les écarts de salaires à 15,2%

Les écarts de salaires moyens atteignent 15,2% en 2013 en France, selon un rapport publié par Eurostat jeudi 5 mars.

Cet écart, en baisse depuis 10 ans (-2,4 points pour les revenus du secteur privé, selon la Dares) s'explique "par des différences de caractéristiques (niveau de diplôme, expérience professionnelle, catégorie socioprofessionnelle, statut de l'emploi, secteur d'activité)", souligne la Dares. Mais il existe également des raisons plus obscures, rappelle le ministère: "le reflet de pratiques de discrimination salariale ou de processus inégalitaires jouant en défaveur des femmes à divers moment de la carrière, voire en amont de la vie professionnelle".

3) Moins de postes à responsabilité

Dans le monde du travail, l'étude de la Dares rappelle que les femmes sont moins présentes dans les postes à responsabilités. Ainsi, 27 % d'entre elles (22 % d'employés et 5 % d'ouvriers) occupent des postes peu qualifiés d'employées ou d'ouvrières, contre 15 % des hommes. Plus inquiétant, cet écart reste stable depuis 2003. 15 % des femmes qui travaillent occupent un poste de "cadre ou profession intellectuelle supérieure" contre 20 % des hommes.

Concernant les postes au sommet de la hiérarchie, la fonction publique fait figure de bon élève puisque la part des femmes dans le personnel de direction (43 % en 2013) est proche de celle dans l'ensemble des cadres. Leur part est bien moins élevée dans le secteur privé: seules 26 % de femmes figurent parmi les cadres d'état-major administratifs, financiers, commerciaux des grandes entreprises.

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Commentaires
a écrit le 09/03/2015 à 19:58 :
Pourtant il reste beaucoup plus de femme aux postes desquels on demande des grosses signatures de contrats... Et l'argent viens plus facilement face à une jolie femme!
a écrit le 09/03/2015 à 13:01 :
Messieurs, tout cela n’est que cliché: nous pouvons mettre aussi face à face Gérard Depardieu et Serena Williams Oui l’homme est mieux prédisposé biologiquement pour développer une puissante musculature, mais revenez au 21eme siècle plus personne ne rémunère la force physique ailleurs que dans le Sport Pro Mécanisation et informatique ont tout révolutionné et permis aux femmes de balayer ce type de préjugés. J’ai une amie qui pilote un tractopelle au début ils ont souri, mais son application à faire ses preuves est devenue précision et aujourd’hui les travaux délicats c’est pour elle. Beaucoup conduisent aussi des 38T, ou sont agent d’entretien municipaux et pour ne pas être embêtées par les hommes travaillent en continu…Ce qui reste malgré les délocalisations c’est les travaux répétitifs mal payés donc « féminisés » Les femmes qui poursuivent leur carrière en conciliant travail et charges familiales peuvent rechercher des postes moins exigeants. Elles « échangent » un salaire plus bas contre une plus grande souplesse horaire ou une moindre intensité de travail. En 2010, les accidents de travail des femmes représentent un tiers des 650 000 accidents de travail, chiffre en augmentation pour les femmes (+23,4%) et en diminution pour les hommes (-21,3%).Depuis 2009, le nombre des accidents de trajet des femmes dépasse celui des hommes. Les maladies professionnelles des femmes augmentent plus de 2 fois plus vite que celles des hommes et dépassent celles des hommes à partir de 2010.58 % des troubles musculosquelettiques (TMS) reconnus en 2003 concernent les femmes contre 42 % les hommes (Enquête SUMER – surveillance médicale des expositions aux risques professionnels, 2003). En lien avec les postes occupés, les femmes sont plus exposées à des facteurs de risques : gestes répétitifs à cadence élevée, travail sur écran, forte demande psychologique (intensité du travail, rapidité, morcellement du travail) avec une faible latitude pour travailler différemment .
a écrit le 09/03/2015 à 12:50 :
Ce qu'on oublie (volontairement?) de dire à chaque fois : les femmes travaillent (professionnellement) moins, vous avez déjà essayé de joindre au travail une femme le mercredi? Et d'ailleurs la preuve : lorsqu'elles exercent une profession libérale, cas où il n'y a pas un sale patron exploiteur de ces malheureuses femmes, elle gagnent moins que les hommes, alors?
Réponse de le 26/04/2015 à 18:21 :
Je suis femme, mère de 4 enfants et j'ai toujours travaillé le mercredi.
Les préjugés ont la vie dur.
Puis une femme qui ne travaille pas le mercredi c'est une femme qui se rend disponible pour sa famille, et qui permet certainement à son conjoint de travailler aussi ce jour là.
a écrit le 08/03/2015 à 15:52 :
Pour compléter les inégalités :

75% des accidents graves du travail ( blessures , avec handicaps ou séquelles ) pour les hommes.
1 femme tuée pour 25 hommes tués dans un accident du travail.
Réponse de le 08/03/2015 à 17:22 :
Rien à voir, ce n'est pas une inégalité, c'est lié aux contraintes et aux risques l'activité elle même ...C'est la segmentation des métiers qui fait que les ouvriers sont plus touchés...seulement 2% de femmes dans le BTP par exemple. Il faut prendre les données dans le bon sens ...la situation actuelle reste toutefois un privilège pour la sante et la longévité des femmes . L 'égalité F/H est un curseur que l'on déplace rien d'autre , c'est un partage du meilleur et du pire. Une policière aussi a était abattue le 11 janvier , c'est bien le revers de la féminisation des forces de l'ordre...
Réponse de le 08/03/2015 à 20:30 :
les accidents sont certes liés à des métiers différents.
l'acceptation des risques et des contraintes explique en partie les inégalités.Si j'accepte de passer des heures sur la route ou des déplacements pro, ca m'entraine des risques d'accident et une fatigue supplémentaire mais ca justifie un niveau de salaire supérieur, au prix de sacrifices de la vie privée.
Réponse de le 09/03/2015 à 6:28 :
Allez dire aux femmes de faire ouvrier dans le batiment et soulever 80 kilos et frapper à la masse et à la pioche comme des betes, ou bien de faire les travaux les plus pénibles et physiques de France et de Navarre...

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