Candidature : éviter l’élimination d’office, c’est possible (2/3)

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Lettre de motivation, entretien téléphonique, ce qu'il faut savoir (c) Reuters
Lettre de motivation, entretien téléphonique, ce qu'il faut savoir (c) Reuters (Crédits : Reuters)
Après les points rédhibitoires du CV, nous continuons avec ceux de la lettre de motivation, du mailing, de la prise de contact téléphonique, ces occasions de vous faire remarquer en bien ou en mal par un recruteur. Sur la forme, sur le fond, rappel des points qui ne le mettent pas dans les meilleures dispositions vis-à-vis de vous...

> La lettre de motivation qui fait hurler ou bâiller

 

« Si la lettre de motivation n'est pas lue, c'est qu'il n'y a rien dedans », constate Jean-Michel Rolland, professeur en sciences humaines à l'ISEN et consultant en management. Rien à part :

 

Des fautes d'orthographe et de syntaxe : relisez-vous et faites-vous relire (on se répétera autant de fois que nécessaire). En ce qui concerne le fond, soumettez votre lettre à des professionnels du recrutement de préférence car dans votre entourage proche, tout le monde aura un avis et pas toujours le même.

 

Des « et moi et moi et moi et moi » : toutes vos phrases commencent par « je » ? « Commencez par parler de l'entreprise, puis de vous, puis, comme l'objectif est la rencontre, de l'entreprise et vous, ce qui donne un « nous »», conseille M. Rolland.

 

Des banalités : « Vous êtes leader sur votre marché... », « Le prestige de votre entreprise... », « Je suis intéressé par le poste... ». Évidemment ! Pourquoi postuler sinon ?! Alternative aux banalités, les arguments. Ceux qui disent pourquoi vous êtes intéressé par le poste et en quoi vous pensez répondre aux besoins de l'entreprise. « Quand c'est possible, la meilleure façon de débuter cette lettre est d'évoquer votre réseau : sur le conseil d'Untel... », suggère Jean-Michel Rolland.

 

Des erreurs grossières : parler de la dimension internationale d'une PME franco-française, adresser cette lettre à la mauvaise personne ou à la mauvaise entreprise... Erreurs anecdotiques ? « Erreurs assez courantes », pointe Cécile Fischer, responsable développement RH et communication au sein du groupe William Sinclair.

 

La redite du CV : elle n'apporte rien de plus en termes d'informations. Pour que ce plus émerge, disséquez votre CV et l'offre d'emploi « pour faire le lien entre les deux et aider ainsi le recruteur à trouver l'information, à prendre une décision », explique Jean-Michel Rolland.

>> Pour aller plus loin, consultez notre espace emploi

 

> Le mailing qui fait désordre

 

Un mailing qui fait désordre c'est un envoi en nombre de votre CV et de votre lettre de motivation (comment faites-vous dans ce cas pour la personnaliser ? mystère...), à tous les cabinets de la place, à des entreprises concurrentes. Le pompon : vous ne connaissez pas l'option copie cachée ou le système d'envoi par liste et laissez visible le nom de tous les destinataires. Le comble : le CV sec, sans le moindre mot d'accompagnement.

 

Tout ça ne nous dit pas ce qui est préférable, du corps de mail ou de la pièce jointe - le diable se cache-t-il dans ce détail-là ? « Vous pouvez adapter votre envoi selon le destinataire : c'est possible en corps de mail quand c'est le recruteur final (DRH ou responsable recrutement), mais pour un cabinet de recrutement, qui n'est pas décideur final, optez pour la pièce jointe, plus facilement transférable », conseille Jean-Michel Rolland.

 

> Le contact téléphonique qui agace

 

« On est dans les fondamentaux de l'éducation », rappelle Cécile Fischer. Des fondamentaux qui tolèrent mal :

 

Le candidat non préparé, qui bafouille, qui n'est pas au bon endroit pour parler (alors que c'est lui qui initie le coup de fil). Appeler un recruteur quand on est dans une rue bruyante, dans un centre commercial avec les promos du mois en fond sonore ou entouré d'enfants, quelle drôle d'idée.

 

Le candidat qui appelle toujours trois fois : une fois parce qu'il n'a pas compris (le nom de la personne qu'il va rencontrer), une fois parce qu'il n'a pas compris (l'heure et le jour du rendez-vous), une fois parce qu'il n'a pas compris (le lieu du rendez-vous).

 

Le candidat « c'est quand vous voulez » : dispo 7j/7, 24h/24 sauf le jour et l'heure que le recruteur lui propose. Celui dont la phrase débute par « Je peux vous rencontrer quand vous voulez. » et se termine par « Ah non, là, je ne peux pas. ». À moins que vous ne préfériez que le recruteur vous prenne au mot et vous convoque à pas d'heure ou un dimanche, « proposez plutôt des créneaux », comme le recommande Jean-Michel Rolland, « et précisez si vous venez de loin ! ».

 

Conseil bonus : attention au message d'accueil de votre téléphone fixe et/ou portable, adoptez la sobriété sans tomber dans la morosité. Un tonitruant « Yo ! c'est moi, laissez-moi un message ! » fait sursauter un recruteur, ménagez-le, l'imitation d'une célébrité le fait soupirer et le coup du candidat qui fait semblant de répondre alors que c'est un « allô » enregistré, il connaît par cœur mais se fait piéger à chaque fois.

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