La ville de Gueugnon, en Saône-et-Loire, a inauguré la construction d'une centrale solaire flottante, la deuxième plus grande de France, selon son constructeur. 24 millions d'euros ont été investis pour répondre aux enjeux de décarbonation, notamment pour l'aviation.Face à des règles européennes plus strictes, imposant l'usage de carburants durables dans l'aviation d'ici 2030 (règlement ReFuelEU Aviation), le projet de Verso Energy à Gueugnon se positionne comme un acteur de la transition énergétique. La société, qui emploie 60 salariés et réalise 4,5 millions d'euros de chiffre d'affaires, va bâtir une centrale solaire flottante sur d'anciennes gravières.
À l'origine, ces carrières sont exploitées pour extraire des granulats utilisés dans la maçonnerie, ainsi que pour la production de béton ou de mortier. Une fois leur exploitation terminée, ces sites se transforment souvent en mares laissées à l'abandon. Avec une capacité de production de 23 mégawatts de crête (MWc), la centrale des Gravières de l'Arroux, dont la mise en service est prévue au troisième trimestre 2025, pourra alimenter l'équivalent de 12.000 personnes. Soit presque le double de la population des communes de Gueugnon et Rigny-sur-Arroux. Dominique Lotte, maire de Gueugnon, a exprimé son enthousiasme lors de l'inauguration : « Ce projet est une chance pour notre territoire. Il allie développement économique et préservation de l'environnement. »
Un coût 10% plus élevé qu'une centrale au sol
Les centrales solaires flottantes présentent plusieurs avantages par rapport aux installations au sol. Tout d'abord, elles permettent de revaloriser des sites dégradés, comme les anciennes gravières, tout en préservant les terres agricoles. De plus, l'eau contribue à maintenir les panneaux à une température optimale, augmentant ainsi leur rendement. Antoine Huard précise : « Les panneaux solaires produisent d'autant plus qu'ils sont maintenus à une température fraîche. »
Reste que le coût d'investissement initial est généralement plus élevé que pour une centrale au sol, en raison des infrastructures spécifiques. Antoine Huard estime que le coût est environ 10 % plus élevé, mais il souligne que les économies d'échelle et la production d'électricité plus efficace compensent cette différence.