Le groupe Verso Energy projette d’investir 1,3 milliard d’euros pour construire, près de Rouen, une usine de production de carburants d’aviation durables de type e-Saf. L’installation devrait fournir les aéroports parisiens à horizon 2030.
Le compte à rebours est lancé pour l'application du nouveau règlement européen ReFuelUE Aviation qui donne quelques cheveux blancs aux compagnies aériennes. Depuis ce 1er janvier, celles qui desservent le Vieux continent sont contraintes d'incorporer au moins 2% de carburant d'aviation durable (les fameux Saf ou Sustainable Aviation Fuels) dans les réservoirs de leurs avions.
En 2030, ce ratio montera à 6% et devra obligatoirement inclure une petite part (1,2% précisément) de e-Saf. Autrement dit : un carburant synthétique de nouvelle génération dérivé de sources d'énergie renouvelables.
Problème, ce e-kerosène « vert » fabriqué à partir de la combinaison d'hydrogène et de CO2 n'est pas encore disponible sur le sol européen. Sur la grosse vingtaine de projets industriels répertoriée dans l'UE, seule une petite poignée a franchi le cap de la décision finale d'investissement mais aucun dans l'Hexagone.
C'est dans ce contexte tendu que le groupe parisien Verso Energy vient d'annoncer son intention d'investir 1,3 milliard d'euros (dont un tiers sur fonds propres) pour construire près de Rouen une unité de production de e-Saf dont la capacité devrait atteindre 81.000 tonnes par an. De quoi satisfaire « la moitié des besoins français à horizon 2030 », affirme Antoine Huard, son directeur général et co-fondateur.
Un site qui « coche toutes les cases »
S'il arrive à son terme, le projet pourrait « être le premier à voir le jour en France », veut croire l'intéressé. Sur le plan pratique, le complexe industriel imaginé par Verso Energy se divisera en deux entités distantes d'une quinzaine de kilomètres. La première installation prendra place au débouché de la chaudière biomasse de la papeterie/cartonnerie VPK située à Alizay dans l'Eure sous la forme d'une unité de captage du CO2.
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Le gaz carbonique collecté à raison de 350 kilotonnes par an sera ensuite acheminé par une canalisation sur le site de l'ancienne raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime) où sera construite une double installation de production d'hydrogène par électrolyse et d'e-Kérosène de synthèse. À la clef, la promesse de la création de 250 emplois directs et indirects (800 en phase de chantier).