Possible remontée des taux de la BCE dès le 7 avril

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Lors de son prochain conseil, la BCE devrait procéder au premier tour de vis monétaire depuis juin 2008. Son taux directeur devrait être porté de 1 % à 1,25 %.

De l'avis même de Jean-Claude Trichet, « ce ne sera pas le point de départ d'une série de tours de vis monétaires. »

Il y a bien longtemps que les banques centrales ont abandonné leur fâcheuse inclination à prendre les marchés à contre-pied. N'ayant pas balisé le terrain, la Banque centrale européenne n'allait pas commettre l'irréparable en relevant son taux directeur dès son conseil de jeudi, malgré les tentations qui la sollicitent, au risque de se retrouver confrontée à l'ire des marchés. Elle a donc maintenu son principal taux directeur au plancher historique de 1 % auquel elle l'avait abaissé en mai 2009.

Mais le président de la BCE a néanmoins réservé à son auditoire une surprise de taille lors de la conférence de presse traditionnelle qui suit le conseil. Retenez bien cette date : le 7 avril, jour du prochain rendez-vous des gouverneurs de la BCE, la probabilité d'une première hausse des taux depuis juin 2008 est quasiment acquise.

Non seulement Jean-Claude Trichet a déclaré hier que la politique monétaire de la BCE était extrêmement accommodante, notamment compte tenu de l'augmentation des risques pesant sur l'inflation dans un contexte de flambée des prix énergétiques et alimentaires. Mais encore, il a retiré la petite phrase jusque-là en vigueur : le niveau actuel des taux est approprié, pour introduire le désormais classique sésame qui fait office d'annonce d'une hausse des taux pour le mois suivant : « Nous sommes dans une posture de forte vigilance ».

C'est une première depuis qu'il préside la banque centrale de Francfort, Jean-Claude Trichet a tenu à décoder lui-même l'étape sémantique franchie jeudi, bien plus tôt que ne l'anticipaient la grande majorité des économistes. Lors de la session de questions-réponses, le président de la BCE a déclaré qu'une hausse des taux était possible dès avril, tout en ajoutant que son institution ne s'engageait jamais à l'avance et que ce ne serait certainement pas le point de départ d'une série de tours de vis monétaires.

Reprise à petits pas

L'ampleur de la hausse à attendre ne devrait pas non plus surprendre : depuis l'entrée en fonctions de Trichet en novembre 2003, la BCE a toujours procédé par petites touches d'un quart de point. Le 7 avril le principal taux directeur de l'institut d'émission devrait donc être relevé à 1,25 %.Et l'euro, bouclier contre l'inflation importée, aura tout loisir de monter au-dessus de 1,40 dollar, après avoir poussé une pointe jeudi jusqu'à 1,3975, au plus haut depuis novembre.

Comme il l'avait laissé entendre à plusieurs reprises, Jean-Claude Trichet s'attaque donc à la normalisation des mesures de politique monétaire « conventionnelles » avant de démanteler les mesures « non standard », adoptées pour certaines dès août 2007, pour faire face à la crise financière. Pour assurer une transmission efficace de sa politique monétaire, la BCE a décidé de reconduire jusqu'au 12 juillet les conditions exceptionnelles, à taux fixe et pour des montants illimités, des opérations de refinancement à une semaine et un mois. Trois opérations exceptionnelles à trois mois supplémentaires auront lieu les 27 avril, 25 mai et 29 juin. Toutes les demandes seront satisfaites mais le taux sera révisable.

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