La bataille boursière autour de Nyse-Euronext est enclenchée

Les plans de Nyse-Euronext et Deutsche Börse ont été contrecarrés. Nasdaq OMX et l'Intercontinental- Exchange se sont alliés pour bloquer leur fusion. La balle est désormais dans le camp de Deutsche Börse.
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Il y a deux semaines encore, Jeffrey Sprecher, le patron de l'IntercontinentalExchange (opérateur boursier sur les matières premières agricoles, l'énergie, les dérivés de crédit et les devises), affirmait que les fusions dans le paysage boursier mondial étaient « la conséquence inattendue, mais pas nécessairement positive » des réformes de la régulation. Dommage collatéral ou pas, le dirigeant a bel et bien déclenché, en fin de semaine dernière, une bataille boursière pour le rachat de la bourse transatlantique Nyse-Euronext.

Jeffrey Sprecher est venu épauler Robert Greifeld, directeur général du Nasdaq OMX, que l'on disait le grand perdant d'une fusion entre Nyse-Euronext et Deutsche Börse. Ce dernier a donc finalement trouvé la parade. Ensemble, Nasdaq OMX et l'ICE se proposent de racheter Nyse-Euronext et de se séparer des activités sur les actions et sur les dérivés. Les actionnaires de la société si convoitée se retrouveraient non pas actionnaires d'un géant boursier intégré mais au capital à la fois du Nasdaq OMX et de l'IntercontinentalExchange.

Pour Deutsche Börse comme Nyse-Euronext, la partie qui se joue à présent apparaît serrée. Certes, les projets industriels sont très différents (voir ci-dessous). Mais au moment de les comparer, les investisseurs mettront en balance les économies et synergies de revenus attendues et surtout, les termes financiers. En valorisant Nyse-Euronext à 11,3 milliards de dollars, l'offre Nasdaq OMX/ICE est supérieure de 19 % à celle concoctée par Reto Francioni et Duncan Niederauer, les deux dirigeants de Deutsche Börse et de Nyse- Euronext. Surtout, elle comprend une partie en numéraire qui ne sera pas pour déplaire aux actionnaires (14,24 dollars par titre, un tiers du montant total offert). Vendredi, l'action Nyse-Euronext a bondi de 12,6 %, jusqu'à 39,60 dollars (sous les 42,50 dollars offerts par Nasdaq OMX/ICE) dans un volume exceptionnel de 38,5 millions de titres échangés.

Vis-à-vis de leurs actionnaires, Duncan Niederauer et le conseil d'administration de Nyse-Euronext n'ont pas d'autre choix que d'examiner cette nouvelle offre. Les regards vont nécessairement se tourner vers Deutsche Börse. Jusqu'à présent, Reto Francioni, le patron de Deutsche Börse, s'est contenté de souligner qu'un mariage Nyse-Euronext ? Deutsche Börse restait « la meilleure combinaison possible pour les clients et actionnaires des deux groupes ». L'argument suffira-t-il ? Pas certain. L'opérateur allemand consentira-t-il à relever son offre ? Pour certains actionnaires, ce n'est pas tant le montant global de l'offre mais sa composition qu'il faudra retravailler.

Cliquez sur les liens ci-dessous pour accéder au sommaire de notre dossier:

- Deux offres, deux approches opposées

- Les pleins pouvoirs américains au sein des Bourses européennes suscitent de nombreuses craintes

- Des fusions promises à l'examen des autorités de la concurrence

- L'organisation du nouvel ensemble a été pensée pour ménager les sensibilités nationales

 

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