Les nouveaux indésirables du CAC40

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En excluant Natixis de l'indice parisien, les dirigeants de la Bourse marquent leur volonté de réduire son exposition aux valeurs financières.

Les dirigeants de la Bourse de Paris ont manifestement décidé de limiter la casse. En choisissant d'exclure Natixis de l'indice phare parisien, le CAC 40, le message est effectivement on ne peut plus clair. Certes, la banque ne vaut plus que 7,9 milliards d'euros en terme de capitalisation boursière, loin, derrière la première banque française, BNP Paribas qui capitalise encore 37,5 milliards d'euros. Mais sa valeur est toutefois nettement supérieure aux 3,8 milliards de STMicroelectronics, aux 3,9 milliards de Cap Gemini ou encore aux 4,4 milliards de Peugeot. Et l'on ne peut pas dire non plus que Natixis ne soit pas activement négociée en Bourse avec des volumes de transactions quotidiens très nourris.

Si la banque française sort du CAC 40 le 19 septembre, c'est bel et bien parce que les organes décisionnels de la Bourse de Paris, en l'occurrence le Comité Scientifique dirigé par Roland Bellegarde, vice-président de Nyse Euronext, a décidé de réduire la sensibilité de l'indice de référence aux valeurs bancaires. Il faut dire que le CAC 40 est plutôt plus exposé aux financières que les indices voisins, qui ont déjà largement réduit la voilure ces dernières années. C'est essentiellement pour cette raison qu'en 2010, l'indice allemand a fini l'année dans le vert quand tous les autres indices européens subissaient des pertes. Le Dax est effectivement largement pondéré en valeurs industrielles.

Un indicateur moins volatil

Les régulateurs avaient déjà commencé à s'emparer du sujet pendant l'été en réitérant l'interdiction des ventes à découvert sur les valeurs financières. Ces transactions favorisent en effet la spéculation à la baisse. En interdisant de telles dérives, les gendarmes de la Bourse européens pensaient avoir trouvé la solution pour endiguer la folle volatilité constatée sur ce secteur d'activité depuis le début de l'année. En vain, si l'on regarde la dégringolade encore subie lundi par l'ensemble des banques européennes.

En réduisant l'exposition du CAC 40 aux valeurs financières, les promoteurs de la Bourse de Paris font le pari de rendre l'indicateur moins volatil et surtout moins sensible aux aléas de ces établissements. Rappelons qu'ils avaient été, de la même façon, les premiers à revoir leur feuille de route au lendemain de l'éclatement de la bulle Internet. A l'époque, le CAC 40 était très exposé à ces valeurs et avait subi de plein fouet la déconfiture du secteur hi-tech.

Le choix de Safran, fleuron industriel français, pour remplacer Natixis envoie un autre signal fort : les bancaires comme les valeurs énergétiques, elles aussi en pleine déroute boursière après des jours pourtant glorieux, mais aussi les valeurs de services ou technologiques, sont laissées de côté.

D'autres banques françaises vont-elles être sacrifiées sur l'autel de la bonne santé du CAC 40 ? Le Crédit Agricolegricole ne vaut plus que 14,8 milliards d'euros en Bourse. La Société Généralecute; Générale, 15,7 milliards. Rendez-vous dans trois mois lors de la prochaine réunion du Comité Scientifique.

Natixis et le Crédit Agricole sur la sortie364 jours. Voilà le temps qu'aura tenu la banque Natixis au sein du CAC 40. Le Conseil scientifique des indices de Nyse Euronext a fait savoir vendredi que Natixis sortira de l'indice boursier phare de l'hexagone le 19 septembre. Entrée le lundi 20 septembre 2010 à un peu plus de 4,60 euros, l'action Natixis n'en vaut aujourd'hui plus que 2,56 euros. Jugée indésirable par les Sages boursiers, Natixis a pourtant moins perdu que ses trois acolytes du CAC 40 depuis le début de la tempête boursière de l'été 2011. En effet, depuis le 1er juillet, Natixis a perdu 28,6 % en Bourse, BNP Paribas 42,6 %, Société Généralecute; Générale 52,3 % et Crédit Agricolegricole 45,8 %.

Natixis souffre en fait d'être la plus petite des quatre banques présentes dans le CAC 40 en terme de capitalisation boursière, avec « seulement » 7,9 milliards d'euros. Soit deux fois moins que Société Généralecute; Générale et près de cinq fois moins que BNP Paribas. Natixis n'est d'ailleurs pas la seule banque à faire les frais de récents arbitrages. Crédit Agricolegricole est également sur le point de sortir de l'indice Euro Stoxx 50. Et ce, en raison de volumes d'échanges manifestement insuffisants par rapport à ses homologues.

Cette sortie est prévue le 16 septembre après la clôture.

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