Le crédit du Fonds européen de stabilité serait à terme menacé

 |   |  426  mots
Copyright Reuters
La France garantit plus de 20 % des sommes que peut emprunter la structure qui doit aider les pays en difficulté.

La perspective d'une perte par la France de sa notation financière « AAA » est encore lointaine et incertaine, mais il s'agirait d'un scénario cauchemardesque pour le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Censé soutenir les pays en difficulté budgétaire, le FESF repose en effet en grande partie sur la solidité financière de l'Allemagne et de la France, qui sont les deux plus importantes économies de la zone euro à faire encore partie du club des AAA. « Il est important de noter qu'il faut qu'au moins deux agences de notation dégradent la France pour qu'elle perde réellement son triple AAA. Mais dans ce cas, soit le FESF perdrait lui-même son AAA, soit il serait obligé d'augmenter ses coussins de sécurité en réduisant sa capacité de prêt », explique Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC.

En juin dernier, les États membres de la zone euro se sont finalement accordés pour porter de 250 à 440 milliards d'euros la capacité maximale du FESF. Pour conserver le AAA du fonds, qui emprunte sur les marchés avant de prêter aux États, il a fallu porter les garanties des pays membres à un total 780 milliards d'euros. Car sur les 17 pays garants, seuls 6 conservent leur notation AAA. L'Allemagne et la France garantissent ainsi respectivement 211 et 158,5 milliards d'euros, soit 27,06 % et 20,31 % du total. Egalement AAA, les Pays-Bas, l'Autriche, la Finlande et le Luxembourg garantissent 5,70 %, 2,78 %, 1,79 % et 0,25 %.

Pour l'heure, la signature du FESF est très appréciée des investisseurs internationaux. Lors de sa dernière émission, bouclée le 22 juin pour financer l'aide au Portugal, le FESF avait placé 3 milliards d'euros à 5 ans à un taux de seulement 2,82 %. Les investisseurs asiatiques avaient à eux seuls acheté 46 % des titres émis. Mais en cas de dégradation de la France, c'est la crédibilité du FESF et tout le dispositif de soutien européen qui seraient remis en question. Sous pression depuis des mois, l'Italie et l'Espagne sont en effet les troisième et quatrième contributeurs, avec des parts de 17,86 % et 11,87 %.

« Pour sortir de cette impasse, les autorités européennes pourraient alors décider d'accélérer la transition entre le FESF et son successeur, le Mécanisme européen de stabilité (MES) », souligne Jean-Louis Mourier. Mercredi dernier, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avait évoqué une transition accélérée par rapport à la bascule initialement prévue pour la mi-2013. À la différence du FESF, le MES dispose d'un capital de 80 milliards d'euros de fonds propres non empruntés sur les marchés.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :