27 octobre : les émergents sont officiellement les créanciers du monde développé

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A plusieurs titres, la nuit du 26 au 27 octobre marque un tournant historique pour l'Europe et l'économie mondiale

"Le sommet européen qui s'est déroulé dans la nuit du 26 au 27 octobre marque un tournant historique sur deux plans", avance Patrice Gautry, Chef Economiste à L'Union Bancaire Privée. D'une part, au niveau européen, ce sommet a permis la mise en ?uvre, tant attendue, du FESF (Fonds Européen de Stabilité Financière). Doté actuellement d'une capacité de prêt de 440 milliards d'euros, il atteindra désormais 1.000 milliards d'euros. "Si le FESF est un bon outil pour résoudre les problèmes et un véritable filet de sécurité, il ne constitue pas pour autant la solution à toutes les difficultés rencontrées par les pays de la zone euro", explique-t-il. La conjoncture économique restant difficile, les Etats européens doivent mener à bien les réformes de rigueur budgétaire pour renouer avec l'équilibre et la croissance. "Certes, le fonds ne sera peut-être pas suffisant : de nombreuses incertitudes subsistent et les besoins de refinancement des Etats et des banques devront être évalués à chaque trimestre. Toujours en Europe, les négociations avec les banques ont porté leur fruit puisque celles-ci ont accepté une décote de 50% qui devrait être appliquée aux titres de dette grecque, ce qui reviendrait à effacer environ 100 milliards d'euros de dette. "Ces 100 milliards semblent suffisants aujourd'hui aux vues des engagements pris par la Grèce en terme de rigueur budgétaire, mais il faut encore que la Grèce mène l'ensemble de ces réformes jusqu'à leur terme", nuance-t-il.

D'autre part, au niveau mondial, cette nuit du 26 au 27 octobre marque une nouvelle fois l'avènement de la Chine sur la scène internationale. En effet, cette dernière a indiqué être prête à acheter de la dette FESF. Cet engagement économique a un coût politique, même s'il sert les intérêts chinois, puisque l'Europe constitue un marché d'exportation comparable au marché américain. "La Chine va demander une contrepartie à son engagement auprès du FESF : la reconnaissance de l'économie chinoise comme une « économie de marché ». Ce nouveau statut lui offrira des possibilités plus importantes en termes d'investissement et de pénétration sur le marché européen", souligne Patrice Gautry, qui conclut : "en outre, le 27 octobre marque une charnière : puisque ce sont désormais les pays en voie de développement qui sont les créanciers du monde développé".
 

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