L'Italie met le feu à la zone euro

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Le départ programmé du Cavaliere n'a pas convaincu les marchés financiers, notamment obligataires. Car le risque d'enlisement dans la mise en place d'un nouveau cabinet ou l'organisation d'élections anticipées pourraient créer une période d'instabilité dommageable pour l'Italie.

"Il faut des décisions rapides. Nous vivons des heures difficiles et délicates." Le chef de l'Etat, Giorgio Napolitano, a solennellement exhorté mercredi les forces politiques italiennes à faire preuve de responsabilité pour sortir d'une situation "alarmante". Car la démission annoncée de Silvio Berlusconi mardi soir, au terme d'une journée tumultueuse au parlement, n'a que très provisoirement calmé les marchés. Mercredi, les taux des obligations italiennes à 10 ans sont en effet repartis à la hausse et ont même crevé le plafond des 7% plaçant la péninsule et son endettement de 120% du PIB dans une situation extrêmement délicate. Il y a quelques jours, la Banque d'Italie avait indiqué que le seuil de 8% était le niveau ultime à ne pas franchir. L'Italie s'en rapproche dangereusement. Quant à la Bourse de Milan, elle a salué le départ du Cavaliere en chutant de près de 4% en début d'après-midi.

Pourtant, la permanence du Cavaliere au pouvoir était jusqu'à présent considérée comme l'un des principaux handicaps pour la crédibilité du pays. Certains analystes et le quotidien Financial Times avaient même calculé que son maintien à la tête du gouvernement coûtait 100 points de différentiel d'intérêts. Avec la mise sous surveillance de l'Italie par le Fonds monétaire international (FMI), cela a fini par convaincre certains membres de la majorité de droite d'abandonner publiquement le président du Conseil. Après avoir constaté mardi après-midi, à l'occasion d'un vote sur le compte rendu budgétaire 2010, que huit de ses députés l'avaient quitté, celui-ci est monté au palais du Quirinal pour annoncer sa démission au président de la République.

"L'important, c'est de faire le bien du pays. Il faut se préoccuper de la situation italienne, de ce qui se passe sur les marchés", a indiqué Silvio Berlusconi qui a ainsi expliqué qu'il remettra formellement sa démission après l'adoption, sans doute avant la fin novembre, des mesures économiques de réduction du déficit budgétaire et de réformes pour la relance de l'activité promises à l'Union européenne (UE). Dans un entretien au quotidien La Stampa, le Cavaliere a même précisé mercredi matin qu'il ne se représentera pas comme chef du gouvernement aux prochaines élections. Reste que, pour l'instant, et au moins jusqu'à l'approbation de la loi de stabilité, il assure la continuité politique.

Ce qui entretient la confusion. Certains analystes soupçonnaient même mercredi qu'il ne cherche qu'à gagner du temps pour tenter de recomposer sa majorité. Plus sûrement, Silvio Berlusconi s'emploie à gérer sa sortie de la scène politique. Il continue de soutenir qu'un retour à des élections législatives anticipées serait à ses yeux la solution la plus normale et la plus respectueuse de l'expression démocratique. A l'inverse, l'opposition de gauche estime que l'urgence impose à l'Italie de se doter d'un gouvernement d'union nationale ou technique, guidé si possible par le très respecté économiste et ex-commissaire européen Mario Monti, pour faire face à la situation dramatique et rassurer les marchés. Une partie des troupes de Berlusconi semblait disposée à se rallier à une solution de compromis pour former un cabinet de large entente et repousser la perspective d'élections anticipées qui risqueraient d'ajouter une confusion ultérieure. Mais le dernier mot revient encore à Silvio Berlusconi et ses alliés de la Ligue du Nord. Dans l'incertitude et alors que Bruxelles exige des "mesures supplémentaires" pour atteindre l'objectif d'équilibre budgétaire en 2013, les marchés risquent d'accentuer leur pression sur l'Italie.

 

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