Pétrole : à Bordeaux Champeil croit à la stabilisation

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
Dans la "Lettre des gérants" datée de février, le PDG de CAM envisageait un début de négociation entre producteurs de pétrole. Un premier pas dans ce sens a eu lieu le 16 février à Doha, avec la volonté commune exprimée par l'Arabie Saoudite et la Russie non pas de diminuer mais de geler la production de pétrole brut à son niveau de janvier 2016. Cette déclaration commune semble avoir produit des effets sur le prix du baril de brut. Depuis cette déclaration commune du 16 février le cours du baril de Brent (mer du Nord) et du WTI (West Texas Intermediate) -standard pour la fixation du prix du brut- sont ainsi respectivement passés de 26,91 $ à 39,20 $ (+ 45,6 %) et de 24,76 $ à 36,38 $ (+ 46,9 %) ce lundi matin.
Comme le souligne Axel Champeil, le "début de discussion des pays de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole, NDLR) a permis aux marchés de reprendre leurs esprits et de s'apaiser". Une détente renforcée en particulier par la poursuite de tractations en vue de la tenue, ce mois de mars, d'un nouveau round de négociations entre pays producteurs de pétrole, qu'ils soient ou non membres de l'Opep.
Les marchés ont aussi bénéficié des bons résultats publiés par les entreprises, qui "confirment une amélioration du contexte économique en Europe et une dynamique ainsi positive". Mais dans un contexte de forte volatilité et même de panique larvée -au moins début février-, Axel Champeil estime que beaucoup de dirigeants d'entreprises cotées ont sciemment sous-évalué leurs perspectives de croissance réelle "pour tenir compte de l'environnement dégradé de ce début d'année".
Si le patron de CAM est convaincu de la stabilisation des marchés, il l'est également de la fébrilité des grandes banques centrales. La menace qui a pesé jusqu'ici sur les marchés a selon lui été suffisamment inquiétante pour infléchir la volonté de retour à la normale aux Etats-Unis, et en particulier sur la remontée des taux d'intérêts.
La Lettre pointe aussi la laborieuse diffusion dans l'économie de la politique de création monétaire menée par la Banque centrale européenne avec le rachat de dettes souveraines. Et l'inflation, passée du statut de poison depuis la fin des années 70 à celui de remède ultime, tarde à se manifester.
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De ce panorama Axel Champeil tire une prévision rassurante, centrée sur "un renouveau de flux acheteurs massifs vers les actifs à risque (...) Nous renouvelons donc notre confiance sur les marchés actions européens pour l'année 2016", observe-t-il.
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Alimentées par des enjeux politiques internationaux, comme la crise des réfugiés, le risque de sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, les attaques de l'Etat islamique ou les tensions au sein de l'Opep, l'instabilité des marchés va se poursuivre, au moins à court terme. La remontée des Bourses n'empêche pas la stabilisation du cours de l'or "dont le potentiel de réappréciation n'est pas épuisé". Axel Champeil conclut en soulignant qu'en mars CAM se montrera particulièrement attentif aux déclarations des banquiers centraux.
Jean-Philippe Déjean