Les 7 villes qui comptent en Nouvelle-Aquitaine

Jean-Philippe Déjean

Jean-Philippe Déjean
L'Insee Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine, Limousin, Poitou-Charentes), dont la direction régionale se trouve à Poitiers, a présenté à son antenne de Bordeaux l'étude intitulée "Dynamiques territoriales, métropolisation et réseaux en Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes". Un dossier qui a été réalisé en coopération étroite avec le Conseil économique social et environnemental régional (Ceser) de Nouvelle-Aquitaine. Avant d'être présenté le 27 septembre par Patrick Hernandez, chef de l'établissement de l'Insee à Bordeaux, également patron du service des études et de la diffusion à l'Insee Nouvelle-Aquitaine, et Singaravelou, vice-président du Ceser Nouvelle-Aquitaine, ancien président de l'université Bordeaux Michel de Montaigne.
Le dossier se penche sur la démographie et l'emploi de la grande région, sans oublier de faire un point sur l'immobilier. Premier point intéressant : l'aire urbaine de Bordeaux représente à elle seule 20 % de la population de Nouvelle-Aquitaine. Soit 1,1 million d'habitants sur un total régional de 5,8 millions. Une proportion très significative liée au fait que l'aire urbaine bordelaise s'étend, via la couronne qui rayonne à partir de son pôle urbain, sur la quasi-totalité de la Gironde, à l'exception des zones du Médoc et du Blayais, au nord, de celles de Sauveterre et de Langon au sud-est. Selon l'Insee l'aire urbaine (à ne pas confondre avec les métropoles) est "un ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus de 10.000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci".
La Nouvelle-Aquitaine compte 25 grandes aires urbaines qui regroupent 70 % de la population régionale (3,9 millions d'habitants). Alors qu'entre 1968 et 2012 la population a fortement augmenté dans les pôles urbains, qu'ils soient grands, 10.000 emplois ou plus (+ 33 %), ou petits, avec 1.500 à moins de 5.000 emplois (+ 11 %), elle a reculé de 16 % dans les communes isolées situées hors de l'influence des pôles, autrement-dit en zone rurale, où vivent tout de même 608.261 habitants.
La plus forte hausse démographique est le fait des couronnes des grands pôles urbains, qui ont vu leur population grimper de 64 % entre 1968 et 2012. La croissance a été d'autant plus dynamique que ces aires urbaines se situaient dans les territoires côtiers (Charente-Maritime, Gironde, Landes, Pyrénées-Atlantiques). Pas de surprise à ce que l'emploi ait augmenté là où la démographie se développait le plus, soit une croissance de + 1,5 % dans les couronnes des grands pôles urbains et de + 1,1 % dans les communes multi-polarisées : les agglomérations captent ainsi 60 % des emplois de la Nouvelle-Aquitaine. Côté métiers le dossier de l'Insee et du Ceser s'intéresse particulièrement à l'évolution des fonctions dites métropolitaines. L'Insee a ainsi listé une quinzaine de fonctions à forte valeur ajoutée, du commerce inter-entreprise aux prestations intellectuelles, qui se sont bien développées dans 7 zones d'emploi, sur les 33 sur compte la région.
Et le moins que l'on puisse dire c'est que la Nouvelle-Aquitaine n'est pas en pointe dans ce domaine puisque seulement 21 % des emplois de la région relèvent des fonctions métropolitaine contre une moyenne France de province de 22 %. Les concentrations les plus importantes (22 % de l'emploi total ou plus) se situent à Niort (28 % de l'emploi total), Bordeaux (27 %), Pau (24 %) et La Rochelle (22 %). Ces aires urbaines sont suivies par celles où les fonctions métropolitaines concentrent entre 20 et 22 % de l'emploi total : Agen, Bayonne et Poitiers (21 %). La position dominante de Niort s'explique par la forte concentration de sièges sociaux de grande sociétés d'assurance dans le chef lieu des Deux-Sèvres.
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Le dossier du Ceser et de l'Insee s'intéresse ensuite à l'évolution de l'immobilier. Les chiffres montrent clairement que l'étude traite de l'immobilier ancien puisqu'elle fait ressortir à 2.423 €/m2 le prix moyen d'une maison. Au lieu que les programmes construits en neuf à Bordeaux Métropole, qui comptent par ailleurs un nombre relativement modestes de maisons, ne sortent pas de terre à moins 3.500 €/m2, hors opération d'accession aidée à la propriété. Ce qui n'empêche pas les variations de prix citées par l'étude d'être éloquentes. Tout en haut de ce palmarès des prix figure ainsi La Flotte (Ile-de-Ré en Charente-Maritime), à 3.900 €/m2, jusqu'à 1.187 €/m2 en couronne des petits pôles dans l'intérieur de la région. Des dynamiques qui restent très difficiles à canaliser.
Jean-Philippe Déjean