Malgré les nuages qui menacent la croissance, Champeil reste optimiste
Jean-Philippe Déjean

Champeil rouvre une porte vers les marchés actions sans vouloir abandonner l'or.
Reuters
Jean-Philippe Déjean

Champeil rouvre une porte vers les marchés actions sans vouloir abandonner l'or.
Reuters
Le spectre d'une crise financière brutale hante l'esprit de nombreux investisseurs sur les marchés, au point que les vigies les plus extralucides voient clairement cette nouvelle catastrophe s'abattre sur le monde de la finance puis celui de l'économie dès 2020. Dans ce contexte Axel Champeil, PDG de la société financière Champeil, à Bordeaux, vient de produire une note "Point marché", datée de septembre 2009 et titrée "Des marchés bien orientés pour la fin d'année", qui pourrait passer auprès de certains pour une bluette printanière. Le patron de Champeil ne succombe pas pour autant à une irrépressible crise d'euphorie mais essaie de tirer une perspective raisonnablement positive des dernières évolutions de la politique internationale.
En mai 2019, dans son numéro spécial consacré à l'or, Champeil s'était pourtant montré clairement pessimiste en invitant les investisseurs à mettre davantage de ce métal précieux dans leur patrimoine. Parce que les banques centrales ne cessent d'en amasser et qu'au printemps dernier ce type d'achat ne risquait pas de se faire au détriment d'un meilleur investissement, compte tenu de fortes incertitudes internationales et de l'atonie des marchés. Axel Champeil démarre son billet à partir des fortes tensions diplomatiques enregistrées cet été entre les Etats-Unis et la Chine et des signes de faiblesse émis par les marchés financiers.
Ce qui rassure l'analyste financier, c'est le choix fait par les autorités monétaires de poursuivre une politique de taux bas. Certains craignaient qu'avec le départ de son patron, Mario Draghi, la Banque centrale européenne (BCE) se mette soudain à rompre avec la politique dite d'assouplissement quantitatif (« quantitative easing »), qui consiste depuis 2015 à injecter des liquidités de façon massive dans l'économie, principalement par le biais de rachats d'actifs publics détenus par les banques (obligations d'Etat, titres d'agences nationales et d'institutions européennes).
En juin 2017 le montant cumulé de ces rachats par la BCE dépassait les 2.000 milliards d'euros. Comme on pouvait l'imaginer, l'arrivée de Christine Lagarde à la tête de la BCE ne s'est pas transformée en changement de doctrine monétaire. La faiblesse de la croissance des Etats de la zone euro faisant toujours craindre le pire si les taux d'intérêts devaient se mettre à flamber à la suite d'un abandon de cette stratégie monétaire d'assouplissement quantitatif.
Comme le souligne Axel Champeil, les doctrines mises en place après la méga-crise de 2008 sont peut-être en train d'évoluer.
Autant d'éléments qui favorisaient selon Axel Champeil un glissement des marchés vers les actifs à risque. C'est en tout cas l'analyse que reprend à son compte ce gestionnaire d'actifs bordelais, dessinant ainsi une porte de sortie à sa stratégie de renfort des positions par l'acquisition d'or. Des risques il est prêt à les prendre, un peu comme un chasseur à l'ouverture.
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La hausse du dollar (par rapport à l'euro) est une source de compétitivité favorable pour les entreprises de la zone euro, qui vient se rajouter à la faiblesse des coûts de l'énergie et des matières premières, estime Champeil. D'où le conseil adressé aux investisseurs de privilégier les marchés européens, sans pour autant abandonner "notre exposition aux USA". Sur le plan sectoriel Champeil conseille de s'écarter des sociétés financières et des matières premières, à l'exception de l'or. Ce qui ne l'empêche pas de penser à relancer des positions dans ces deux classes d'actifs "délaissés", dans une perspective de long terme.
Jean-Philippe Déjean