Champeil : mais qu’est-il arrivé aux PME du Sud-Ouest sur le marché boursier en 2018 ?

Jean-Philippe Déjean

Cheops Technology inauguration siège
Agence Appa

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L'année 2018 a été particulièrement chahutée pour les valeurs régionales cotées sur le marché boursier. Comme le révèle la société d'investissement Champeil, à Bordeaux, dont Axel Champeil est le PDG, dans sa « Lettre Spécial Grand Sud-Ouest », qui suit l'évolution des cotations jusqu'au 31 décembre 2018. Champeil s'intéresse ainsi à la projection boursière de l'activité de 31 entreprises à petite et moyenne capitalisation boursière (small and mid cap) du Grand Sud-Ouest, ce qui exclut un géant comme le groupe Legrand, à Limoges, qui fait partie du CAC 40.
Sur l'ensemble étudié par Champeil, 17 entreprises cotées sont situées en Aquitaine, 8 en Midi-Pyrénées, 3 en Poitou-Charentes et autant en Limousin. Aussi étonnant que cela puisse paraître, alors que l'année 2018 a encore été porteuse sur le plan économique, seulement deux de ces sociétés cotées ont vu leur cours de bourse évoluer positivement pendant l'année ! Ainsi les deux seules entreprises gagnantes sont : Cheops Technology, à Canéjan (Gironde), et Serma Technologies, à Pessac (Bordeaux Métropole), dont les cours ont respectivement progressé de +15,29 % et +3,96 % !
Comme il est souvent rappelé par les économistes, la bourse n'est pas un indicateur économique. Il n'en demeure pas moins que s'ils restent indirects, les liens qui connectent les marchés financiers (actions, obligations...) à la vie économique sont puissants. Dans cette "Lettre Spécial Grand Sud-Ouest" Axel Champeil explique de l'intérieur cette évolution des cotations.
C'est ce mouvement psychologique de défiance des investisseurs boursiers vis-à-vis des petites et moyennes capitalisations qui est donc à l'origine de la baisse massive de l'évolution des cours. Avec à la clé quelques paradoxes qui pourraient sembler délirants. Il ne viendrait ainsi à l'idée de personne que l'action Cheops Technology ait pu reculer en 2018.
Cheops Technology, spécialiste de la dématérialisation des supports de données (cloud) et des services informatiques, qui a vu son activité atteindre 104,6 M€, au cours de l'exercice 2017-2018, tandis que son résultat net augmentait de +53,8 %, à 4 M€, ne pouvait pas être en théorie sanctionnée par le marché boursier. Et cela s'est vérifié, avec un cours qui atteint 34,60 € au 31 décembre 2018.
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Mais le cas du chantier naval Fountaine Pajot, à Aigrefeuille d'Aunis, près de La Rochelle, est plus déroutant. Car malgré ses bons résultats, le chantier naval a été sanctionné par une baisse de -5,80 % de son action à la même date, à 95 €. L'an dernier, Fountaine Pajot a réalisé plusieurs gros investissements, dont le rachat de Dufour Yachts. En comptant l'activité de la société rachetée, sur une période de quatre mois, le chiffre d'affaires de Fountaine Pajot a ainsi été porté à 136,8 M€ au cours de l'exercice 2017-2018 (contre 78,9 M€ lors du précédent) tandis que son résultat net grimpait à 10,3 M€ ! Le marché a corrigé après coup, puisque le titre Fountaine Pajot est remonté pour atteindre 110,50 € le 5 février dernier.
Le groupe Lectra, à cheval sur Paris et Cestas (Gironde), est dans un cas similaire à celui de Fountaine Pajot. Lectra, leader mondial de la découpe de matériaux souples, dont Daniel Harari est le PDG, n'a pas encore dévoilé ses résultats 2018. Mais au 31 décembre 2018 le cours de son action était en baisse, à 18,18 €, soit -27,70 %, alors que le groupe affiche une santé de fer, malgré les turbulences que traverse le marché international de l'automobile dont dépend en partie Lectra.
Sur les trois premiers trimestres de l'année 2018, Lectra, dont l'endettement est quasi nul, a ainsi réalisé un chiffre d'affaires de 207,5 M€ pour un résultat net stable à 20 M€, soit près de 10 % du chiffre d'affaires : un ratio assez rare dans l'industrie française pour être souligné. Alors que les acteurs du marché actions ne connaissaient pas encore les résultats du groupe sur l'année, ils l'ont quand même sanctionné... Là aussi le marché a corrigé par la suite, avec une cotation remontée à 21 € le 5 février.
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Ceci-dit le marché n'est pas complètement coupé de la réalité et les entreprises sur la corde raide ou en difficulté, comme Implanet (implants innovants pour la chirurgie du rachis) à Martillac (Gironde) et Europlasma (technologies anti-pollution de pointe utilisant la torche à plasma), à Morcenx dans les Landes, ont été sanctionnées par le marché. Le titre Implanet a ainsi perdu -66,40 % de sa valeur au 31 décembre 2018, à 14 centimes l'unité, tandis que celui d'Europlasma (mis en redressement judiciaire depuis), dégringolait à -69 %, à 6 centimes. En dernière position la société de biotechnologie Cerenis, à Labège (banlieue de Toulouse), perdait -74,30 %, à 49 centimes. Dans ce contexte, Axel Champeil incite à la prudence sans pour autant perdre confiance.
Palmarès résumé de « Lettre Spécial Grand Sud-Ouest » (au 31 décembre)
Jean-Philippe Déjean