Art et JO, la grande effusion
Daniel Schick
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Saut de barre fixe aux Jeux de Berlin en 1936.
© LTD / Lothar JECK/Elysée/Staatsarchiv Basel-Stadt
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Saut de barre fixe aux Jeux de Berlin en 1936.
© LTD / Lothar JECK/Elysée/Staatsarchiv Basel-Stadt
D'où viennent les Jeux olympiques ? Le Louvre nous rappelle que ceux de 1896 à Athènes ont été réinventés grâce à l'art. Le Palais de la Porte-Dorée rappelle, lui, à quel point ils sont politiques. Quant aux Rencontres photographiques d'Arles, elles montrent l'essentiel : le sportif dans l'effort.
Pas de JO sans art. Au Jeux de 1906, peinture, sculpture, architecture, musique sont des disciplines olympiques au même titre que les épreuves purement sportives. Mais comment mettre en compétition des œuvres, les choisir ? Ces compétitions se sont révélées « bazardeuses ». En 1936, les nazis considérant l'art comme dégénéré, la compétition artistique est une mascarade. Avec les JO de Londres en 1948, l'art disparaît des compétitions, mais il n'y aurait pas de JO en 2024 sans l'art, grand témoin des premières olympiades de 776 avant Jésus-Christ.
Le Louvre est la plus grande salle de sport du monde. Des centaines d'athlètes courent, luttent, lancent des discoboles pour l'éternité. Le musée expose vases, sculptures, reliefs et mosaïques dont les créateurs ont su saisir, arrêter, magnifier le mouvement et la perfection musculaire. Abdominaux sculptés, mollets en béton, les athlètes grecs et romains représentés ont de quoi rendre jaloux les amoureux de la gonflette. Ce marathon sans chronomètre à travers les salles des antiquités grecques, romaines et étrusques est indispensable avant de se rendre à l'exposition temporaire imaginée pour les JO. Une expo-piqûre de rappel historique.
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En 1894 se réunit le Congrès olympique afin d'imaginer la renaissance des Jeux qui auront lieu en 1896. Relancer les JO, oui, mais à partir de quoi ? L'art joue alors un rôle fondamental, fondateur. Vases, fresques, sculptures, écrits sont des flambeaux en or qui éclairent l'histoire des JO. Autour de Pierre de Coubertin se réunissent historiens d'art, archéologues et intellectuels. En fonction des œuvres ancestrales trouvées, les disciplines des premiers JO sont choisies, ou inventées de toutes pièces comme le marathon.
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