Expos : à Arles, voir le silence
Daniel Schick
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« Relatum – Dissonance », de Lee Ufan, à Arles.
© LTD / Lee Ufan Arles, FREDERIC LECLERE
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« Relatum – Dissonance », de Lee Ufan, à Arles.
© LTD / Lee Ufan Arles, FREDERIC LECLERE
Au cœur d'Arles, le silence habite à la fondation Lee Ufan. Juste à côté de la place du forum, de son joyeux bourdonnement ou de son vacarme infernal, au choix, le silence est dorloté dans un bel hôtel particulier du XVIIe siècle. Là, il se voit et s'écoute. Pour signifier la présence de la fondation, rien d'arrogant ou d'ostentatoire n'attire le passant. Ce serait contraire à l'esprit du lieu. À l'intérieur, l'art du minimum pour un maximum d'émotions.
La fondation est un musée privé voulu, financé, pensé par un seul homme, discret évidemment, l'artiste Lee Ufan, modeste, mais exposé dans le monde entier, ex-invité du Guggenheim de New York ou du château de Versailles. Lee Ufan expose ses propres œuvres, mais pas que. L'artiste peintre, écrivain, féru de philosophie, né en Corée, passé par le Japon, fut ébloui, mais aussi dérangé par les villes occidentales, dont Paris, qu'il fréquente au début des années 1970. Le créateur est perturbé par l'agitation superficielle, la course folle que la société occidentale, la société de consommation, impose aux hommes. Lui qui a vécu avec la nature rappelle l'importance existentielle de la contemplation. Écouter la nature, c'est se taire, penser, méditer, s'extraire de la fureur du monde, prendre son temps, se rencontrer. Les trois fondations, les œuvres de Lee Ufan vont toutes dans ce sens.
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Cas unique au monde, trois musées portent le nom de l'artiste. Un se trouve sur l'île japonaise de Naoshima, un autre à Busan en Corée. Le dernier entrouvre ses volets bleus à Arles en 2022. Lee Ufan n'aime pas que la lumière soit.
Daniel Schick
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