Depuis la lancement de La Tribune Dimanche - il y a un an et cinquante numéros -, nous lui avons envoyé au bas mot une dizaine de messages pour le convaincre de nous accorder une interview. À chaque fois un refus très poli en réponse, l'homme restant fidèle à cette stratégie d'extrême rareté médiatique qu'il a adoptée en arrivant au JT de France 2, en 2006. À l'occasion de sa rentrée, Laurent Delahousse a fait une exception. « Il faut quand même prendre la parole de temps en temps, sinon on finit par alimenter les fantasmes », nous glisse-t-il avec humour lorsque nous le retrouvons dans un bistrot parisien niché au cœur du 7e arrondissement. Un lieu choisi en guise de clin d'œil à sa passion pour la cuisine (« J'ai une famille nombreuse et j'ai toujours trouvé que c'était un trait d'union important »). Après un shooting photo aux petits oignons, à nous de cuisiner ce journaliste atypique, l'un des plus populaires du PAF.
LA TRIBUNE DIMANCHE - Le JT de France 2 a été allongé et dure désormais chaque soir une heure. Vous manquiez de temps ?
LAURENT DELAHOUSSE - Il y avait déjà une session d'une heure avec 20h30 le samedi et 20h30 le dimanche. La grande nouveauté concerne 20h30 le vendredi, qui apportera un éclairage sur un événement de l'actualité récente ou passée. Nous vivons dans une société qui a succombé à l'hystérisation et dans laquelle la durée d'attention s'est considérablement réduite. Le public a besoin d'être informé avec un peu plus de sérénité. Je serai par ailleurs désormais entouré de chroniqueurs (lire page suivante). Après dix-huit ans à ce poste, j'avais besoin de me sentir moins seul face aux Français. Le directeur de l'information, Alexandre Kara, m'a accompagné dans l'idée d'un journal avec une équipe plus présente.