Littérature : un peu de lumière dans ce chaos
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Émeutiers à l’assaut du Palais-Royal lors de la révolution de 1848 qui mit fin à la monarchie de Juillet.
AKG-IMAGES/ERICH LESSING
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Émeutiers à l’assaut du Palais-Royal lors de la révolution de 1848 qui mit fin à la monarchie de Juillet.
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Est-ce le besoin de se reposer d'Emmanuel Macron ? On avait envie de se perdre dans un livre où l'on était sûre, même en cherchant bien, de ne pas retrouver ce président que son narcissisme a précipité dans le vide - et nous avec. Dans ce roman-monde sur la politique qu'est L'Éducation sentimentale, la figure du dirigeant, que ce soit Louis-Philippe ou Louis-Napoléon Bonaparte - le livre court de 1840 à 1869 -, n'est pas le sujet. Le sujet de Flaubert, c'est la chronique - impitoyable... - de la condition démocratique naissante, où la majesté de l'idéal le dispute aux affres des passions les plus tristes. « L'égalité (comme pour le châtiment de ses défenseurs et la dérision de ses ennemis) se manifestait triomphalement, une égalité de bêtes brutes, un même niveau de turpitudes sanglantes ; car le fanatisme des intérêts équilibra les délires du besoin, l'aristocratie eut les fureurs de la crapule, et le bonnet de coton ne se montra pas moins hideux que le bonnet rouge. La raison publique était troublée comme après les grands bouleversements de la nature. Des gens d'esprit en restèrent idiots pour toute leur vie », dépeint Flaubert. L'ombre de la mesquinerie envieuse derrière la grandeur égalitaire ; la fièvre haineuse derrière les professions de foi fraternelles. La foule derrière le peuple. Celui-là même qui nous vaudra, tandis qu'« un tourbillon de gens furieux » jette pianos, commodes et pendules par les fenêtres du Palais-Royal, que des blessés gisent par terre et que, dans les galeries, « la populace se livr[e] à une horrible godaille », « le vin coul[e] en ruisseaux », « les voyous b[oivent] dans des culs de bouteille, et vocif[èrent] en titubant », cette phrase culte de Frédéric : « N'importe ! Moi, je trouve le peuple sublime. » Tout - la faiblesse de Frédéric, sa ridicule magnanimité, ses illusions qui sont aussi les nôtres - est dans le « n'importe ! ».
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