Nos critiques littéraires de la semaine
Alexis Brocas, Olivier Mony et Aurélie Marcireau
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Samanta Schweblin, auteure de Sept maisons vides.
LTD / Maximiliano Pallocchini
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Samanta Schweblin, auteure de Sept maisons vides.
LTD / Maximiliano Pallocchini
Dans le monde de banlieusards de Samanta Schweblin, sept histoires de psychés qui déraillent.
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Heureux soient les fêlés, car ils laisseront passer la lumière », disait Michel Audiard. L'Argentine Samanta Schweblin n'est pas d'accord. Dans ces nouvelles pleines de déchirantes noirceurs, elle nous raconte la tragédie sans rémission des gens qui décrochent. Une mère obsédée par les maisons des autres embourbe sa voiture en pleine séance d'espionnage, des grands-parents tout nus kidnappent leurs petits-enfants, une vieille dame vit sa version peu glorieuse de l'éternel retour... Soit sept psychés malades, vues de l'intérieur ou de l'extérieur, débouchant sur sept histoires pleines d'ellipses retorses où les enjeux existentiels viennent se loger dans les objets les plus triviaux. Ce peut être un sucrier volé par notre mère espionne sous les yeux de sa fille consternée. Un maillot de bain ramassé par le père désemparé d'enfants disparus. Un outil emprunté par un jeune homme au mari d'une dame paranoïaque. Les habits d'un adolescent décédé jetés tous les quinze jours dans le jardin des voisins par une mère à bout. Quelle violence dans cette folie ordinaire !
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