"Le déni de l'entrepreneur en échec commence à disparaître" (Guillaume Bourdon, Second Souffle)
Vincent Lonchampt
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Guillaume Bourdon
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Guillaume Bourdon
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Vous présidez l'antenne lyonnaise de l'association Second Souffle depuis 2013. Observez-vous un changement des mentalités concernant l'échec des entrepreneurs ?
Guillaume Bourdon : Oui, le déni de l'entrepreneur en échec commence peu à peu à disparaître. C'est encore lent, mais je remarque que ça bouge. Il n'y a qu'à prendre exemple de la loi Pacte qui amène certaines choses pour les entrepreneurs (notamment une éventuelle présomption de non-responsabilité du chef d'entreprise en cas de faillite, NDRL). C'est un signe que le regard sur l'échec évolue, mais il faut continuer pour aller plus loin.
Aller plus loin, pour votre association, c'est notamment favoriser la réhabilitation des entrepreneurs qui ont échoué, notamment auprès des recruteurs et des organismes financiers...
En France, un entrepreneur qui a échoué est à priori hors-jeu économiquement, que ce soit en terme de création d'entreprise ou de recrutement. L'association Second Souffle a pour ambition de faire évoluer la vision commune pour faire admettre que seul celui qui a osé peut échouer. L'échec fait partie de la réussite. Nous nous sommes donc fixé pour mission de combattre la marginalisation des chefs d'entreprises de TPE/PME qui ont subi un échec entrepreneurial, en mettant à profit leurs propres expériences pour rebondir vers un emploi salarié ou sur une nouvelle activité.
Qu'est-ce qui vous a motivé à créer cette antenne lyonnaise de Second Souffle ?
Je me suis mis à mon compte en 1997, et j'ai dû liquider mon agence en 2012. Je me suis alors rendu compte que l'entrepreneur était seul, physiquement et moralement, dans ce moment. Quand notre entreprise rencontre des difficultés, on met le pied dans un monde judiciaire que l'on ne connaît pas, et notre vie est en jeu. Je me suis retrouvé, personnellement, dans une situation très complexe, sans toucher le chômage, mais avec d'importantes dettes.
Après cette expérience - je ne parle pas d'échec, mais d'accident dans le parcours d'un entrepreneur - je me suis demandé ce que l'on pouvait faire pour aider les entrepreneurs qui traversent les mêmes épreuves. L'objectif est de créer une sorte de filet invisible pour les entrepreneurs. Car l'homme derrière la liquidation est souvent affaibli, déprimé, divorcé...
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