Des chalets pour construire une cordée face à la misère

Bernard Devert
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On se souvient de l'aphorisme prêté à Alphonse Allais : "on devrait construire les villes à la campagne, car l'air y est plus pur !"
Cette pureté, cette fraîcheur, nous l'avons trouvée aussi à la périphérie de la ville, en bâtissant des chalets à destination des mères et de leurs enfants confrontés à la rue.
Cette opération fut conduite à l'initiative d'un mécène (Alain Mérieux, ndlr) qui, pour avoir notamment initié l'Entreprise des Possibles, confère à l'économie une mission : lutter contre la misère qui, sans pudeur, met à la rue ceux qui n'ont rien.
Ces constructions ont été rendues possibles en seulement quelques semaines, via un permis de construire précaire autorisant une mise à l'abri des familles dans des espaces confortables, et ouvrant un horizon inattendu et inespéré.
La clé de ces chalets n'est pourtant pas celle des champs, mais celle qui suscite un chant intérieur, témoignant de la joie de ces mères qui savent désormais que la vie, malgré ses rudesses, peut être traversée par la tendresse.
L'image du chalet elle-même renvoie au refuge : une sécurité, plus encore un lieu où l'on reprend des forces. Loin d'être le terme d'un parcours, il est la source d'un possible recommencement aux fins d'aller plus loin, de monter plus haut.
Cette approche, partagée par tous les acteurs de cette "opération de sauvetage", préside à l'accompagnement des mères et de leurs enfants. Un avenir se fait alors jour.

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Bernard Devert