Jean-Marie Cavada : "Le courage, c'est maintenant ou jamais !"

Denis Lafay
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... es dissensions qui compromettent sa double capacité de décider et d'agir. Le venin xénophobe, populiste, séparatiste n'a jamais été aussi virulent au sein de l'Europe, et la gestion de la pandémie pousse l'Institution européenne dans ses retranchements. L'Europe est mise à l'épreuve du Covid-19, son devenir est conditionné aux actes engagés aujourd'hui, aux enseignements mis à profit demain, mais aussi, professe Jean-Marie Cavada, aux leçons d'hier, celles de l'Histoire, Grande ou contemporaine, à l'aune de laquelle l'ancien Pdg de Radio France peut l'affirmer : "Ne versons pas les efforts qui ont enrichi les pays, garanti les libertés des nations, dans le fossé des décombres du virus. Tout séisme oblige les peuples et les dirigeants, il les ramène à l'évidence que seule l'union permet de gagner". L'exercice solidaire et exigeant de la responsabilité est donc, dans des proportions et une urgence inédites, convoqué. Solidaire, exigeant... et courageux, et cela des gouvernants comme des peuples. La condition pour "tirer parti de la crise pandémique qui nous fait changer d'époque. Nous aurons toujours besoin d'Europe. Et à partir de ce printemps 2020, plus encore, et même plus que jamais".
La Tribune : Ce moment si particulier de début de confinement, comment l'éprouvez-vous intimement, comment l'interprétez-vous intellectuellement ?
J'ai la chance de pouvoir vivre dans un endroit spacieux. Ce retrait de la vie urbaine n'a pas que des inconvénients. Bien sûr le contact humain réel me manque. De même, les déplacements dans la ville, ou en France dont les paysages superbes sont, depuis mon enfance, une sorte de gène qui fait partie de mon équilibre. Mais cet épisode inédit qui devrait changer beaucoup de "choses" dans nos vies, est une guerre. Et quand on se bat, on ne va pas se plaindre de nos contraintes : gagner une guerre, c'est quand la vie l'emporte sur la mort, presque tout le reste est alors secondaire.
Intellectuellement j'ai repris pied plus que jamais dans mes bibliothèques, mes livres, et creusé en moi-même. J'y trouve une sorte de confort nouveau qui me ramène aux essentiels décrits par les penseurs que j'aime. Moi qui idolâtre les biographies, l'Histoire, je trouve des similitudes entre le temps présent et les temps passés.
Denis Lafay