Le travail, un instrument du bonheur
Stéphanie Borg
Stéphanie Borg
La question du bonheur, au cœur de la 5e conférence du cycle "Philosophie et Management", organisée par l'IAE Lyon et Acteurs de l'économie-La Tribune, et animée par Bernard Jacquand, ce vendredi 22 janvier, reste personnelle et relative. Chacun place le curseur à son propre niveau.
"Tout homme désire être heureux" souligne Thierry Ménissier, professeur de philosophie des Universités, rappelant la formule d'Aristote qui voyait le bonheur comme une satisfaction matérielle et spirituelle. Mais au fil du temps, sous l'influence du libéralisme, le champ d'application du bonheur s'est restreint, excluant de fait le travail, un acte qui regroupe un maximum de contraintes matérielles et sociales, domination comprise.
Anne-Sophie Panseri, présidente de Maviflex (crédit : Laurent Cerino/ADE)
Car l'emploi salarié connaît une crise profonde. Évolution des cadres, mutations technologiques, accès à l'information démultiplié, changement des contours du métier de manager... Autant d'éléments qui impliquent "une obligation de prêter attention à la qualité de vie au travail de nos collaborateurs. C'est désormais un pré-requis dans la fonction de dirigeant", estime Anne-Sophie Panseri, présidente de Maviflex.
C'est en effet de l'innovation entrepreneuriale, afin de redonner du sens au management quotidien, que naît cette forme de bonheur au travail. "L'exemple vient souvent d'en haut et de l'énergie du chef d'entreprise", souligne Thierry Ménissier. Un chef d'entreprise qui doit déployer son talent et son charme - dans le sens de sa capacité à donner le mouvement - pour donner envie de le suivre et de s'impliquer.
Thierry Ménissier, professeur de philosophie (crédit : Laurent Cerino/ADE).
C'est le principe choisi par Anne-Sophie Panseri qui a cassé les cloisonnements inter-service en réorganisant son projet d'entreprise de façon collective et transverse.
C'est pourquoi la formation continue est essentielle : "Elle permet de monter en compétence et plus on monte, plus on a envie d'apprendre," explique la dirigeante.
C'est ainsi que la présidente de Maviflex a amélioré sa rentabilité en favorisant la flexibilité des horaires ou en travaillant sur l'absentéisme.
Elle indique avoir gagné 170 jours de travail annuel rien qu'en incitant les collaborateurs qui ont un enfant malade à revenir dans la journée - ils n'osaient pas le faire - ou en fermant l'entreprise à 18h30, obligeant les collaborateurs à quitter le bureau. "Quand on revient le matin après s'être intéressé à autre chose, on est pleins d'idées pour l'entreprise", explique-t-elle, elle-même impliquée dans de multiples mouvements associatifs.
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En entreprise, "la réalisation de soi doit se faire à tous les postes" déclare Anne-Sophie Panseri (crédit : Laurent Cerino/ADE)
Au-delà de la performance de son entreprise, son meilleur indicateur reste le retour d'anciens collaborateurs partis sous d'autres cieux.
Certes, Maviflex n'a pas toujours été dans une phase de croissance. L'entreprise industrielle a connu une période difficile pendant laquelle les salariés se sont positionnés comme des "guerriers", se mobilisant pour redresser la barre.
"Nos sociétés modernes ont fait du travail un élément de la réalisation de soi", estime Thierry Ménissier (crédit : Laurent Cerino/ADE)
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L'action, la recherche de solutions et de bonnes pratiques, la place et le sens que l'on donne à l'humain dans l'entreprise peuvent redonner le goût du bonheur, et réconcilier les hommes avec le travail.
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Stéphanie Borg
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