Notre cerveau, et ses formidables réseaux de neurones, fonctionne par association d'images. Par voie biochimique et selon les milliers d'images qu'il reçoit toutes les 100 millisecondes, il interagit, rallongeant, déplaçant ou même passant à la trappe des neurones. La précieuse plasticité du cerveau passe par ces mécanismes d'interactions.

Agronome, mathématicien, psychanalyste, professeur - il intervient notamment au sein du programme AMP d'emlyon business school, partenaire de la conférence-débat organisée ce 18 mars -, il illustre ainsi cette réalité cérébrale :
Quelles leçons concrètes un dirigeant peut-il tirer de cette vision proposée par les neurosciences ? Il lui faut déjà admettre qu'il évolue dans un univers passablement bouleversé par la mondialisation. Et surtout par la révolution numérique, qui décoiffe les organisations comme les individus. L'individu se dissout dorénavant dans l'hypermédia, la quantité de savoirs disponibles doublant tous les 18 mois.
Dans ce contexte de "quatrième révolution de l'humanité, après le langage, l'écriture, l'impression" selon Dominique Schmauch, il est urgent pour les entreprises de déconstruire les organisations linéaires, pyramidales, désormais obsolètes. Et de leur préférer les organisations en réseaux (on parle alors, comme dans notre cerveau, de « système réticulaire »). Et de se poser une question fondamentale : comment apprenons nous ensemble ?
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"En vous écoutant, je viens de comprendre comment nous avons créé Alliance", s'émerveille Stéphane Malka. Longtemps DRH, il est à présent directeur « Développement et relations extérieures » d'Alliance, un réseau inter-entreprises fondé voilà six ans autour de quatre grands groupes, trois dans la pharmacie et un dans l'industrie, ainsi que la MDEF, un acteur institutionnel mobilisé sur les enjeux d'emploi au niveau territorial .

Pour dégager ces espaces de "respiration", Alliance imagine de proposer à des volontaires d'effectuer une mission courte dans une autre entreprise du réseau. Ils s'enrichissent ainsi d'autres pratiques professionnelles et peuvent ensuite mettre à profit ces nouvelles expériences dans leur entreprise. Au début, seule une petite dizaine se laisse séduire. "C'est peu, mais nous avons connu de vraies success-stories", se rappelle Stéphane Malka.

Alliance, tout comme notre cerveau, se coconstruit au fil du temps, les partenaires apprenant ensemble. Aujourd'hui le réseau réunit onze entreprises ; 400 personnes environ ont bénéficié des dispositifs qu'il propose, véritables boosters d'innovation en termes d'employabilité. Des communautés de pratiques et d'échanges d'expérience ont émergé. Un système de bourse de compétences a vu le jour permettant à qui le veut parmi les salariés du réseau, de mettre gratuitement son expertise à disposition d'une autre entreprise.
S'ouvrant ensuite au territoire, le système s'est rapproché des startups via l'Alliance Business Academy.
Voilà un bel exemple d'intelligence collective. Ceci demande néanmoins une minutieuse préparation sur le terrain et des valeurs fortes : la confiance, le respect, la subsidiarité. Dominique Schmauch souligne lui l'importance du souci de soi, de la gouvernance, de la culture du don, de la cohésion.

Il n'y a pas d'autorité supérieure dans le cerveau. Ce constat appliqué au monde de l'entreprise aboutit à la "libération" des structures, concept aujourd'hui presque trop marketé selon Dominique Schmauch, qui préfère évoquer la notion de "démocratie concertative": fin des hiérarchies, abandon des fonctions support, les groupes de compétences réagissant en fonction des besoins, etc.
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