Les managers, une espèce menacée ?
Tessa Melkonian
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Le Figaro a relayé en fin d'année 2017 les derniers chiffres de l'étude BVA - Audencia et le constat est sans appel. Plus personne, ou presque, n'aspire à devenir manager !
Quelque 79 % des personnes interrogées disent ne pas souhaiter accéder à cette fonction. Pourtant, devenir manager a longtemps rimé avec progression de carrière, plus de pouvoir, de reconnaissance et de rémunération. Comment comprendre ce désamour ? Et surtout comment y remédier pour continuer d'attirer à ces postes des salariés compétents techniquement et humainement ?
Plusieurs éléments peuvent nous permettre de comprendre comment cette fonction, très valorisée au 20ème siècle, apparait aujourd'hui en France particulièrement peu attirante.
Conformément aux éléments identifiés par l'étude BVA - Audencia, et comme nous l'avions déjà évoqué dans une chronique en 2016, on ne prend plus un poste à responsabilité managériale parce qu'on en a envie mais parce qu'on y est forcé. Dans un contexte où les perspectives de carrière se réduisent comme peau de chagrin, où la prise de fonction managériale ne s'accompagne que rarement d'une revalorisation salariale, où elle est alourdie par des « process » administratifs souvent perçus comme défaillants, les salariés n'y trouvent plus vraiment leur intérêt. Sans compter que prendre en charge de l'humain est jugé particulièrement risqué au regard du degré de démotivation et d'insatisfaction globale des salariés français.
Les (aspirants) managers se sentent démunis face à la désillusion des salariés (et la leur), vis-à-vis d'un monde du travail qui ne peut plus délivrer les promesses de sécurité et de carrière dont il était porteur et qui peine à offrir de nouveaux leviers d'engagement. C'est sans surprise que les niveaux de stress les plus élevés sont relevés auprès des managers de premier niveau, ceux qui combinent de fortes responsabilités et une faible marge de manœuvre opérationnelle.
Tessa Melkonian