Petite révolution de la responsabilité décennale
Anne-Charlotte Goursaud-Treboz
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Assurance obligatoire couvrant les désordres de nature décennale, la garantie décennale instaure une présomption de responsabilité des constructeurs au profit des maîtres d'ouvrage (et des acquéreurs successifs) d'une durée incompressible de dix ans.
Elle couvre les dommages, même résultant d'un vice du sol, qui compromettent la solidité de l'ouvrage ou qui rendent l'ouvrage impropre à sa destination.
La garantie décennale est une assurance obligatoire qui doit être souscrite par tout constructeur. Le maître d'ouvrage doit de son côté souscrire une assurance dommages-ouvrage, assurance de préfinancement pour la réparation de ces désordres.
La 3e chambre de la Cour de cassation vient de révolutionner la garantie applicable aux travaux sur existant : sont désormais visés les petits travaux adjoints à un ouvrage ancien. Elle vient, par quatre décisions, d'étendre le régime de la garantie décennale aux équipements adjoints à un ouvrage existant.
Dans le cadre de la première espèce, (Cass 3e civ 15 juin 2017 n°16-19640), il s'agissait de la fourniture et de la pose d'une pompe à chaleur. Dans la seconde, (Cass 3e civ 29 juin 2017 n°16-16637), il s'agissait de désordres affectant un revêtement de sol. Dans la troisième, il s'agissait d'un incendie ayant trouvé son origine dans un insert posé par une entreprise (Cass 3e civ 14 septembre 2017 n°16-17323). Dans le 4e cas d'espèce, il s'agissait également d'un incendie ayant fait suite à l'installation d'une cheminée fermée (Cass 3e civ 26 octobre 2017 n°16-18120). La Cour par un attendu de principe a jugé que :
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