Suite à l'annonce de la fusion entre les deux plus grands clusters numériques et logiciels de la région Auvergne Rhône-Alpes, le nouvel ensemble féderera 600 membres, pour un chiffre d'affaires cumulé d'environ 3 milliards d'euros. Une décision vitale pour faire du territoire un acteur reconnu sur la carte de l'Europe, et combler les lacunes - internationalisation, attractivité, formation - d'une filière au potentiel énorme. Entretien avec Jean-Michel Bérad, présient du Clust'R Numérique, alors que se...Acteurs de l'économie - La Tribune. Depuis 2015, les acteurs régionaux des clusters logiciels numériques sont en ébullition, avec de nombreuses fusions. Dernière en date, le rapprochement annoncé, pour le 1er janvier 2017, du Clust'R Numérique avec le cluster stéphanois Numélink. A quelles ambitions, quelles nécessités et obligations, ces mouvements répondent-ils ?
Jean-Michel Bérard. Par rapport aux autres fusions, le rapprochement avec Numélink est une grosse opération, car la taille de ce cluster est comparable à la nôtre : 300 adhérents, un budget équivalent, et des permanents supplémentaires.L'objectif est de bâtir un cluster régional capable de faire le poids au niveau européen. Ce rapprochement fédérera 600 acteurs, qui représenteront presque 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires.Cette opération vise donc à donner une visibilité à l'ensemble de l'écosystème numérique régional, et également à améliorer la lisibilité de cet écosystème, afin d'aiguiller au mieux les entreprises de la filière. La logique visant à multiplier les structures est dépassée.
Ces deux dernières années, les deux nouveaux "mariés" grandissaient chacun de leur côté, avec leur propre orientation territoriale. Le Clust'R Numérique est né en regardant davantage vers Grenoble, tandis que Numélink était plutôt orienté vers l'Ardèche et surtout l'Auvergne. Quels ont été les facteurs primordiaux qui ont permis cette fusion ?
L'élément déclencheur, c'est la volonté de faire un cluster européen. Aujourd'hui, la région Auvergne Rhône-Alpes n'est pas identifiée, à l'échelle européenne, comme une région numérique. L'objectif est donc de rassembler tous les acteurs, afin de constituer un pôle économique puissant dans ce secteur.L'autre élément essentiel, qui a permis cette décision, repose sur le caractère "fédéral" de la future organisation. Certes, le cluster sera basé à Lyon, mais des représentations puissantes seront installées dans chaque agglomération. Un bureau sera établi dans chacune des grandes métropoles, de manière à ce que les ressources locales restent sur le territoire, aux services des entreprises locales. Nous avons déjà commencé ce travail, notamment avec l'antenne grenobloise. L'ouverture d'un bureau sur les Savoies répond également à cet équilibre du territoire.Au niveau organisationnelle, il est difficile pour moi de m'avancer davantage, alors que les discussions sont en cours. Cependant, l'idée est de proposer des comités territoriaux et un comité régional, fidèle à la logique exposée précédemment. Mais la question de la représentativité de chacun des territoires, au sein du conseil d'administration régional du cluster, sera une question centrale.À mon sens, il n'y avait pas d'autres manières de procéder : fédéralisme, équilibre du territoire et indépendance.
Resterez-vous à la tête du cluster à la suite de la fusion ?
Je n'en fait pas une affaire personnelle. Je resterai quoi qu'il arrive dans le cluster.
Quelles sont les forces nouvelles, les complémentarités issues de ce rapprochement et qui vont permettre au cluster, et aux entreprises du territoire, d'être compétitives et visibles au niveau européen ?
La complémentarité entre les deux structures se retrouve particulièrement dans les typologies respectives des membres des clusters. Numélink est essentiellement constitué par de petites entreprises, alors que le Clust'R Numérique, possède un peu moins de membres, mais de plus grosses tailles : des ETI et des grosses PME.Autre point important, le nombre d'adhérents constituera une force certaine pour le cluster. Avec plus de 600 membres, et 1,5 million d'euros de budget, le Cluster'R Numérique deviendra la première structure de France. Ses membres représenteront environ 3 milliards d'euros de chiffre d'affaires. Mais pour être crédibles au niveau européen, nous devons fédérer pour 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires.