Jeanne Siaud-Facchin : "Les surdoués sont des réserves de leadership et d'innovation"
Stéphanie Borg
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En 2000, vous avez fondé, à Marseille, un centre dédié aux troubles de l'apprentissage scolaire, Cogito'z. Que représente-t-il ?
Jeanne Siaud-Facchin. J'ai toujours eu dans l'idée de monter un lieu accueillant et bienveillant, avec plusieurs praticiens, où chacun peut venir expliquer ses difficultés sans que son interlocuteur ne cherche à poser une étiquette et à juger.
Auparavant, j'ai suivi mes études de psychologie en deux-temps : quand j'étais "petite", à la sortie du bac, à Avignon, puis dix ans plus tard à Paris X Nanterre, après avoir monté une agence en communication événementielle. J'ai passé mon DEA et mon DESS la même année sous l'égide de Bernard Gibello (NDLR : le psychiatre a ouvert la voie, en France, à la psychologie intégrative et travaillé sur la psychopathologie, les troubles des fonctions cognitives et de l'intelligence).
À l'Hôpital de la Salpêtrière, nous travaillions dans son laboratoire de recherche basé sur l'exploration par les tests de toutes natures. Cogito'z est son émanation directe.
Au fil du temps, vous êtes passés des troubles des apprentissages scolaires à la question de la précocité. Les cas recensés sont-ils de plus en plus nombreux ?
Il faut balayer cette confusion et arrêter de relayer cette idée fausse : il n'y a pas plus de surdoués qu'avant. On utilise ce terme de "surdoué" pour des questions de facilité. Mais il évoque aussi un haut potentiel, intellectuellement précoce ou de zèbre - une terminologie que j'ai introduite pour des raisons affectives et contextuelles. Les surdoués représentent toujours 2,3 % de la population. C'est une loi mathématique et statistique, la courbe de Gausse.
Cependant, les tests d'évaluation changent. Ils sont ré-étalonnés tous les dix ans pour s'adapter à la population d'aujourd'hui.
En revanche, on connaît mieux ces surdoués. Davantage de psychologues s'y intéressent. Dans le même temps, les parents consultent aussi plus facilement : la psychologie est devenue plus familière alors que c'était une discipline réservée à la folie. C'est pour ces raisons qu'on en parle plus.
Comment analyse-t-on cette courbe de Gausse dans le cas de la précocité ?
Stéphanie Borg