Christian Boiron : "J'ai tout organisé pour partir en paix"
Stéphanie Borg
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Christian Boiron
Yann Geoffray
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Christian Boiron
Yann Geoffray
Acteurs de l'économie - La Tribune : Après plus de 30 ans à la tête des Laboratoires Boiron, vous avez quitté la direction générale pour vous consacrer à votre filiale italienne. Une place que vous avez réintégrée il y a 4 ans. Pourquoi ce choix ?
Christian Boiron. C'était une période difficile. J'avais dû faire face à des départs importants, au décès d'un de mes proches collaborateurs - que je considérais comme un membre de ma famille - à une fusion complexe avec le laboratoire Dolisos et des ennuis avec la justice, où je risquais un an de prison pour l'utilisation d'un produit non autorisé chez les adultes alors qu'il l'est pour les enfants. Je n'en étais pas informé, mais j'ai endossé ma responsabilité de chef d'entreprise.
Et puis notre filiale italienne se portait mal. Je sentais qu'il s'y passait des choses. Au départ, ça a été l'enfer. J'ai dû licencier l'un de mes meilleurs amis. C'était dur mais passionnant parce que j'ai retrouvé une entreprise à taille humaine, ayant réussi à me libérer des contraintes que je voulais fuir. Je n'ai pas de problème à dire que je voulais m'échapper d'une certaine situation. Partir a toujours été une clé pour trouver ce que je cherche.
D'autant qu'il semblerait que Dieu, systématiquement, souhaite que je revienne. Il y a 4 ans, j'ai senti que je devais reprendre le manche, c'était utile et nécessaire. Je n'insisterai pas sur cet aspect personnel et familial... On a trouvé une bonne organisation, mon frère est devenu président, moi directeur général.
Comment le groupe se porte-t-il aujourd'hui ?
La fusion avec Dolisos a fini par être digérée, on a réussi à les "boironiser" grâce à un gros effort, de part et d'autre, de rapprochement culturel. On a retrouvé le sourire et la sérénité, même lorsque des sujets sensibles que les licenciements sont abordés. Je n'ai jamais dit autre chose que la vérité, sans diffuser de fausses idées.
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J'ai toujours eu des relations difficiles avec mon père, entre trouille et volonté de ne pas être un "fils à papa", fuyant la facilité de bénéficier de son entreprise. Quand j'étais plus jeune, la question fondamentale était : "Suis-je vraiment capable de faire quelque chose dans la gestion d'une entreprise". Comme toujours, j'étais le seul à me poser ce genre de question.
Stéphanie Borg