Michel Prugue, Coop de France : “le modèle coopératif est en phase avec les attentes des agriculteurs, des consommateurs et des citoyens”
Stéphanie Borg
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Michel Prugue
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Depuis votre élection, fin décembre 2015, votre feuille de route s'inscrit dans le cadre du projet stratégique "Coop de France 2020". Or, vous avez initié une série de consultations, dont vos différentes visites de terrain comme à Lyon ce 12 juin dernier, visant à proposer de nouvelles orientations avant cette échéance. Pourquoi ce pivot anticipé ?
Lorsque nous avons écrit ce projet stratégique, nous n'imaginions pas que de telles évolutions, dans un espace-temps aussi court, allaient se produire. Elles se sont traduites par l'élection d'un nouveau président de la République entrainant dans son sillage un renouvellement de la gouvernance et des parlementaires - sans expérience politique, mais surtout avec moins de vécu technique sur un certain nombre de sujets.
Ces changements ont également interrogé notre façon de fonctionner en tant que fédération nationale : nous consultons donc nos adhérents (dirigeants élus ou collaborateurs de coopératives) pour analyser avec eux ce ressenti : ont-ils le même que nous ? Ont-ils intégré des changements dans leurs entreprises ?
En parallèle, nous avons lancé un grand débat en ligne, de 80 propositions réparties en 6 thèmes. Il est davantage destiné aux salariés des coopératives et aux adhérents agriculteurs. La technologie nous le permet ; elle favorise également la parole, car nos modèles actuels d'échanges peuvent se heurter à la disponibilité des gens, à leur volonté d'aller dans des assemblées physiques ou à la difficulté de prendre la parole en public. Nous ressentons un éloignement entre les coopératives et les adhérents, mais il faut que l'on soit capable de le mesurer, d'aller le vérifier.
S'exprimer en ligne peut garantir la confidentialité d'une personne qui témoigne : nous espérons en savoir plus sur la façon dont chacun s'adapte aux évolutions sociétales, comment il vit ces changements. Nous en profitons également pour rencontrer toutes les autres parties prenantes du monde agricole : nous ne sommes pas fermés. Nous sommes dans une période de notre histoire où il ne faut pas avoir peur du débat et de la remise en question.
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Stéphanie Borg