Assureurs : 5 raisons d’adopter une stratégie digitale
Hans Willert
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Si le raz-de-marée de la digitalisation a opéré une révolution dans l'ensemble des secteurs, celui des assurances avait déjà toutes les cartes en main depuis ses débuts. En effet, ce métier a la particularité de traiter des données depuis ses origines. Néanmoins, il y a encore quelques années, il considérait la data comme un atout technique, destiné à optimiser ses comptes et à évaluer ses risques, et non comme un élément susceptible de générer du chiffre d'affaires.
Aujourd'hui, il se projette dans d'autres usages des données, mais son retard pourrait vite devenir problématique face à la réalité d'un marché qui se développe en parallèle : celui des "insuretch". Adeptes du tout digital, ces startups s'engagent dans la néo-assurance en exploitant la niche laissée vacante par les acteurs historiques du secteur, trop occupés à maîtriser un bout d'une quantité presque infinie de données.
Les assureurs ont tout intérêt à embrasser la digitalisation à 360 degrés. En adoptant une "data stratégie", ce métier en pleine mutation s'offre la possibilité de se réinventer pour garder la maîtrise de son marché et pour en ouvrir d'autres. Répondre aux nouvelles exigences réglementaires, améliorer le pilotage, ou exercer dans le prédictif pour mieux comprendre les clients, les prospects, les distributeurs et les concurrents : d'ici deux ou trois ans, ceux qui auront fait le pari "big data" seront gagnants à la fois en interne et en externe.
La norme "Solvabilité 2", d'une part, exige un traitement et une traçabilité des données mieux documentés. Le secteur doit justifier de son patrimoine, de ses revenus et de ses dépenses. D'autre part, le marché connaît une chute des taux d'intérêt puisque l'actif, dont le rendement est désormais au mieux volatil, au pire éphémère, ne s'apprécie plus de la même façon.
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Cela modifie ses habitudes de pilotage, alors que le secteur connaît le prix de revient de ses produits bien après leur vente. L'élément majeur du tarif d'un contrat d'assurance, c'est-à-dire le risque ou l'incident qui va générer une prestation d'assureur, peut être connu trente ans plus tard. Le rôle de l'assureur est d'utiliser un historique et des statistiques pour anticiper l'avenir et établir un prix. Cela nécessite une manipulation très fine des données face à un consommateur qui n'accepte pas de tarification trop "prudente", permettant aux assureurs de tarifer les contrats selon un historique et une projection de données précise. La data est alors la condition sine qua non d'un pilotage effectif.
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