Pour un management humaniste à l'hôpital
Acteurs de l'économie
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sandra bertezene
CNAM
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Le médiateur national missionné au lendemain du suicide d'un neurochirurgien, au CHU de Grenoble, vient de rendre son rapport. Le corps du praticien, âgé de 36 ans, avait été retrouvé dans un bloc opératoire, le 2 novembre 2017. Dans ces douze pages rendues publiques le 8 janvier, Édouard Couty pointe des « défauts » de gouvernance au sein de l'établissement. « Le style de management, qui maintient de manière permanente une certaine pression sur les équipes et qui priorise le résultat [...] doit s'infléchir », énonce-t-il.
Son enquête fait écho aux très nombreux témoignages sur la souffrance au travail des soignants et agents exerçant à l'hôpital. Et plus largement, du personnel de santé.
Si notre système de santé figure encore parmi les meilleurs au monde, tout n'est pas rose au sein de nos services et établissements de santé : urgences saturées, maisons de retraite hors de prix, personnel épuisé, malades maltraités...
Des voix se font entendre pour réclamer un management plus humaniste, comme celle de Guillaume Gorincour, professeur de médecine à l'université Aix-Marseille, sur The Conversation. Il est légitime de se demander si « humanisme » et « management » sont réellement compatibles dans les services de santé actuels . Et si la réponse devait être positive, comment mettre en œuvre sans tarder, alors, un management humaniste.
Les services de santé ont trois points communs qui, tous, plaident en faveur d'un management humaniste. D'abord, ces services ont une mission à accomplir, profondément humaniste, fondée sur la considération des services de santé comme un bien commun. Nous consacrons environ 11 % de notre PIB à la santé et son financement est public à 80 %. Dans un tel contexte, la mission même des services de santé repose sur l'humanisme car elle est conditionnée par la solidarité nationale.
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Si nous voulons conserver ce modèle, nous gagnerions à considérer les services de santé comme un bien commun, c'est-à-dire qui appartient à tous. Cela implique qu'il fasse l'objet d'une délibération collective permanente, condition à une plus grande responsabilité de chacun et à des choix éclairés, notamment en temps de crise. La démocratie sanitaire, initiée en 2002, est un premier pas vers cette conception. Elle met en effet en avant le droit des citoyens à débattre des orientations politiques concernant les services de santé.
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