Manager et vivre en harmonie, n'est-ce pas utopique ?
Marie-Hélène Straus
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Stress, épuisement, burn-out, ne sont que de tristes mots devenus "courants", et personne ne semble être à l'abri de ces maladies dites psycho-sociales contemporaines.
On aurait pu penser que l'onde de choc, provoquée par la déferlante des nouvelles technologies, aurait contribué à soulager et à apaiser les humains que nous sommes, de ces fléaux des temps "modernes".
Il semblerait, bien au contraire, que le progrès participe à l'accélération des exigences requises. Qu'il s'agisse de - l'injonction grandissante des consommateurs, pour accéder aux biens et aux services vingt-quatre heures sur vingt-quatre - de la numérisation des outils de travail, cette hyper-connectivité des collaborateurs leur permettant de travailler en plus des heures de travail - ou enfin de la nouvelle surcharge d'information, qui impose des réponses en temps réel à toutes les sollicitations qu'elles soient professionnelles ou personnelles.
Comment ne pas s'interroger, connaissant aujourd'hui les effets de l'hyperstimulation à l'origine des nouvelles formes d'anxiété, pertes d'attentions, angoisses, agressivité et phobies ? Serions-nous condamnés impuissants face à une fatalité ? ou existerait-il d'autres possibles à cette course insensée destructrice ? Y avons-nous seulement pensé ?
Depuis la première révolution industrielle, nous nous sommes laissés bercer par l'illusion d'une croissance illimitée, dans un monde pourtant fini. Un développement que nous avons alors imaginé durable, qui parle de réalité augmentée, peut-être bientôt "d'humain augmenté", si les femmes et hommes de ce siècle n'arrivent plus à suivre les rythmes effrénés d'un système qui a perdu le sens de sa quête.
En conflit avec la vie et ses principes, la modernité a érigé la compétition, de tous contre tous, en dogme indiscutable. L'Homo economicus est en compétition permanente avec lui-même, ses pairs, le monde, la vie, détruisant de façon frénétique son écosystème, avec pour seul objectif, la recherche du profit, du confort et du plaisir. Les savoir-faire ont progressé, mais qu'en est-il des savoirs être ?
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Marie-Hélène Straus