Mémoire : cinq idées reçues
Isabelle Simonetto
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Faux : notre mémoire à long terme a même des propriétés opposées à celle d'un disque dur d'ordinateur. Elle est illimitée. Aucun humain n'a dit un jour : "Stop ma mémoire est pleine ! ". C'est même d'ailleurs l'inverse qui se produit : plus vous avez de connaissances dans un domaine plus il est facile d'acquérir de nouvelles informations dans ce même domaine (musique, langues étrangères, littérature, etc.).
Elle est sans cesse remaniée. Chaque souvenir que nous acquérons est susceptible de modifier les souvenirs déjà stockés. Comme un caillou lancé dans une mare dont l'onde impacte toute la surface de l'eau.
Faux : Peter Eriksson et Fred H. Gage en 1998 ont montré qu'il existait une neurogénèse dans le cerveau (fabrication de nouveaux neurones).
Cette neurogénèse est possible tout au long de la vie lorsque nous sommes dans de bonnes conditions comme le montrent les travaux de Pierre-Marie Lledo. Il faut six ingrédients pour stimuler cette neurogénèse : une attitude optimiste (qui favorise le lien vers autrui donc l'apprentissage), la curiosité, une bonne gestion du stress, un bon équilibre alimentaire, une activité physique régulière, éviter "l'infobésité".
Faux : le cerveau est dit "plastique", c'est-à-dire qu'il se réaménage en permanence en fonction de son environnement. Notre cerveau est en perpétuelle évolution pour peu que nous lui fournissions de nouvelles expériences à traiter.
Chaque apprentissage se traduit par l'activation et la création de nouvelles connexions. Une personne victime d'un accident vasculaire cérébral peut récupérer des fonctions détruites grâce à la plasticité cérébrale c'est-à-dire à la capacité du cerveau à créer de nouvelles connexions dans les zones du cerveau saines.
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Voici Le mythe le plus répandu et qui a la dent dure ! Cette idée, aussi séduisante soit-elle, est fausse. Nous utilisons 100 % de notre cerveau. Aucune zone n'est inactive attendant un hypothétique réveil. Bien sûr, nous n'utilisons pas toutes nos capacités de manière simultanée, mais 100 % de nos circuits sont à un moment ou à un autre utilisés comme le démontrent les observations en imagerie fonctionnelle. La moindre lésion a des conséquences importantes sur le fonctionnement du cerveau. Cet organe d'approximativement 1,3 kg consomme à lui seul 20 % de nos ressources totales en oxygène et glucose.
Isabelle Simonetto