Eau : rendons les réseaux intelligents !
Michel Jacquet
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Le 29 août dernier, le Premier Ministre annonçait les premières mesures issues des Assises de l'eau, cette initiative lancée au Printemps pour "se mettre collectivement dans la peau d'un élu gestionnaire de son réseau d'eau, bâtir un diagnostic des difficultés, et y apporter des solutions communes, intelligentes, souples", avec pour principal enjeu : "amorcer très vite un mouvement de rattrapage indispensable", après des décennies de sous-investissement chronique dans nos réseaux d'eau.
Sans surprise, l'une des premières mesures de ces Assises de l'eau, qui sous-tend toutes les autres, vise à améliorer la connaissance des services d'eau et d'assainissement sur l'ensemble du territoire. Un domaine sur lequel la marge de progression est en effet conséquente, alors que seuls 50 % des services d'eau et 40 % des services d'assainissement publient aujourd'hui leurs données.
Avec pour double conséquence, que plus de 40 % des élus ne connaissent pas bien leur réseau, et que près d'un français sur deux réclame désormais plus d'informations sur l'eau et son traitement.
Et dans notre nouveau monde numérique, la réponse à cette double problématique passe par la donnée. Cette "data" que l'on doit savoir collecter, exploiter et mettre à disposition. Cette data qui doit nous permettre de rendre nos réseaux d'eau "intelligents".
Pour le gestionnaire de réseaux d'eau, la donnée, collectée notamment grâce à l'installation de capteurs sur ses compteurs, va permettre de poser un diagnostic fiable sur son réseau, pour détecter précisément ses failles, et établir un plan de priorité, par exemple pour ses investissements de rénovation ou remplacement de canalisations, tout en optimisant la détection et la gestion des fuites.
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Une approche urgente et nécessaire, quand on sait que pas moins d'un litre d'eau potable sur cinq est perdu dans des fuites de canalisations en France. Soit 1 300 milliards de litres d'eau par an qui sont traités par les usines sans jamais arriver jusqu'au robinet, et qui sont pourtant payés par les consommateurs, puisqu'ils sont indirectement répercutés sur les tarifs de l'eau facturés aux abonnés.
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