Le bénévolat est en crise, mais quelle crise ?

Bernard Devert

Photo d'illustration
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Bernard Devert

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Certes, des difficultés se font jour pour parvenir à une mobilisation plus importante de nouveaux bénévoles. Les causes sont nombreuses : la retraite à un âge plus tardif, l'augmentation du nombre de familles mono parentales - d'où l'intervention des grands parents se substituant parfois aux parents - enfin, la crainte que le bénévolat ne devienne une charge exigeant un tel investissement qu'il s'apparente à une nouvelle vie professionnelle.
Le monde caritatif, s'il veut se pérenniser alors qu'il est confronté à des personnes en souffrance liées à la misère et aux addictions, doit parvenir à trouver des missions moins chronophages en les limitant dans la durée. Il s'agit de faire plus en demandant moins.
La Société ne saurait se démobiliser par rapport au vivre-ensemble mais il lui faut s'attacher à un faire-ensemble que les bénévoles suscitent en jouant sur deux gammes le 'pour' et 'l'avec'.
« Pour » traduit la volonté de faire changer ce qui peut l'être, d'où un discernement pour mieux définir les moyens à mettre en œuvre aux fins d'y parvenir.
« Avec » est le pouvoir d'agir reconnu à chacun, au nom même de sa dignité. La grandeur de l'homme est dans sa décision d'être plus fort que sa condition (Camus).
La reconnaissance du talent dont chacun dispose ne peut faire l'économie d'actions très concrètes qui, seules, permettent un réveil et un étonnement, la personne saisissant qu'elle a plus de possibilités qu'elle ne le pensait.
« Avec » est une invitation à introduire la culture, sans la réduire à une approche académique. L'expression corporelle, par exemple, relève de cette ouverture. Comment aller mieux si l'on ne parvient pas à habiter son corps.
Le beau doit être recherché dans la relation, l'échange, le partage, le sport, jusqu'à l'unisson des voix dans le chant choral. Les propositions sont immenses.
Quelques exemples concrets :
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Faire du neuf, n'est-ce pas précisément ce que nous avons à entreprendre dans le champ de l'insertion, soulignant également la pertinence des tiers lieux comme les escales solidaires qui font école.
Le réel est étroit, dit Lamartine, le possible est immense. Encore faut-il des bénévoles qui détruisent les dénigrements qui accablent et déchirent les étiquettes qui enferment. Le bénévolat, signe et source d'une liberté et d'une gratuité, doit y concourir.
Bernard Devert
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