Jean-Michel Vernhes : "L'aéroport de Toulouse doit retrouver une gouvernance apaisée"

Florine Galéron

aeroport toulouse
Rémi Benoit

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"Je devrais déjà être parti mais mon successeur n'a pas encore été nommé. Ce n'est pas très agréable pour moi d'être face à cette situation d'incertitude qui n'est pas bonne non plus pour la société", a lancé ce vendredi 18 mai le président du directoire de l'aéroport de Toulouse Jean-Michel Vernhes à l'occasion de la Matinale organisée par La Tribune au Meeting Lab de Toulouse.
À la tête de la plateforme toulousaine depuis près de 20 ans, Jean-Michel Vernhes a appris en septembre dernier que les actionnaires avaient lancé un processus de recrutement pour trouver son successeur alors que son mandat avait été reconduit quelques mois plus tôt.
Son remplacement devait intervenir à l'origine dans le courant du premier semestre 2018 mais l'aéroport de Toulouse n'a toujours pas trouvé à ce jour la bonne personne pour lui succéder. Jean-Michel Vernhes a confirmé que les actionnaires avaient d'abord misé sur le directeur de l'aéroport d'Orly Marc Houalla mais ce dernier a été nommé en février directeur de l'aéroport Paris-Charles de Gaulle. "Aujourd'hui, le recrutement entre en phase de courte finale. Je devrais bientôt savoir quand mon contrat prend fin", a-t-il expliqué.
Suite à l'annonce du départ surprise, la présidente du conseil de surveillance de l'aéroport de Toulouse Anne-Marie Idrac a elle aussi fait savoir à l'automne dernier qu'elle quitterait ses fonctions fin mai 2018 et deviendrait administratrice indépendante au sein du conseil d'Air France KLM. Comme le révélait dès mars dernier La Tribune, c'est Charles Champion ancien président d'Airbus Opérations SAS qui devrait la remplacer prochainement.
Ces bouleversements au sein de la gouvernance ne peuvent être compris qu'au regard de l'arrivée dans le capital de l'aéroport du consortium chinois Casil Europe. En 2014, l'État décide de céder une partie de ses parts au profit d'un acteur privé. "Il ne faut pas se leurrer. Si l'État a privatisé, c'est pour faire de l'argent. Les privatisations des aéroports de Nice, Lyon et Toulouse lui ont rapporté deux milliards d'euros", rappelle Jean-Michel Vernes. Mais jamais il n'aurait imaginé qu'un candidat chinois s'impose au sein de la plateforme.
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Passée la surprise, il a fallu faire face à un choc des cultures.
Jean-Michel Vernhes est revenu sur les bouleversements occasionnés par l'arrivée des actionnaires chinois (Crédit : Rémi Benoit).
Au-delà du choc linguistique, l'entrée d'un actionnaire privé a généré des tensions avec les collectivités locales présentes dans le capital de l'aéroport (la Région, le Département, la Métropole et la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) détiennent 40%, l'État les 10,01% restants) notamment en juin 2017 lorsque sous la pression du consortium chinois 7,85 millions d'euros de dividendes sont versés aux actionnaires dont 1,5 million issu des réserves financières de l'aéroport.
Le président du directoire de l'aéroport de Toulouse fait tout de même remarquer que le côté positif de l'arrivée des actionnaires chinois est d'avoir voulu développer l'offre de commerces. "Les travaux d'extension engagés actuellement par ATB vont doubler la surface dédiés aux boutiques et espaces de restauration" même si "les temps de parcours des passagers sont un peu allongés".
(Crédit : Rémi Benoit).
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En février dernier, l'État a annoncé qu'il ne souhaitait pas "pour le moment" vendre ses parts restantes (10,01%) dans l'aéroport de Toulouse-Blagnac et permettre à la société d'actionnaires chinois de devenir majoritaire au sein du capital. "Je pense que les actionnaires chinois ne l'ont pas vu venir dans la mesure où c'était pour eux quelque chose de naturel d'autant que l'aéroport marche bien au niveau de la fréquentation. La question est désormais de savoir ce qu'ils vont faire. Ils affichent qu'ils sont là pour rester. Mais est-ce que cela va durer ?" s'interroge Jean-Michel Vernhes. Mike Poon qui est à la tête de Casil Europe a en effet depuis quelques mois rencontré de manière informelle des sociétés (Eiffage, Vinci, Banque Populaire) intéressées pour racheter leurs parts dans l'aéroport.
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