Ne cherchez pas, il n'existe aujourd'hui au Cambodge qu'une seule vraie équipe de rugby, le « Phnom Penh Social Club Rugby », qu'on appelle aussi les « Rahus », essentiellement composée d'expatriés. Le premier club du royaume, baptisé « les Piliers d'Angkor », avait été créé dans les années quatre-vingt-dix par des expatriés français avant de disparaître un peu plus tard. Les « Rahus » d'aujourd'hui sont « beaucoup plus internationaux, avec des Français mais pas seulement et des moyens pour subventionner les terrains sur lesquels on joue », témoigne Luc Guillot, désormais trésorier du club. Ce sont des passionnés qui jouent au rugby sur leur temps libre. « On organise à la fois des entraînements et des tournois internationaux dans toute la région », ajoute ce Toulousain.
Le club compte aussi parmi ses joueurs des Cambodgiens, notamment les formateurs d'une ONG de Phnom Penh, « Kampuchea Ballop », (traduction : ballon au Cambodge) dont l'objet est d'aider les jeunes des rues à s'en sortir grâce aux valeurs du rugby et à des entraînements gratuits proposés plusieurs fois par semaine par l'association. « On essaie de se soutenir mutuellement pour maintenir le plus possible une activité rugby ici, explique Luc Guillot, avec des enjeux différents. Eux, c'est l'humanitaire ; nous c'est le développement du jeu. » Les « Rahus » ont ainsi organisé avec l'ONG une journée rugby avec plus de deux cents enfants présents et pendant laquelle certains joueurs se sont essayé au métier de coach.
Ingénieur diplômé de l'école Supaéro, à bientôt 29 ans, Luc Guillot vit depuis près de cinq ans au Cambodge, qu'il a découvert au cours d'un stage avant de revenir s'y installer comme employé pour un distributeur de vins et spiritueux français.
« À Toulouse, le rugby faisait partie du style de vie. J'ai toujours suivi les matches mais je me suis mis à jouer vraiment sur le tard, pendant mes études d'ingénieurs. À l'Isae Supaero, on avait des coachs, des terrains et des tournois universitaires, c'était le rêve ! Je me souviens que l'équipe s'appelait le « XV des Peintres ». Tout le monde voulait essayer. », se remémore-t-il.