Nous sommes à Rufisque, une commune d'un demi-million d'habitants dans la banlieue est de Dakar, la capitale du Sénégal. C'est la mairie qui a elle-même sollicité la société SARL Développement Durable, installée à Corronsac, dans le sud de Toulouse, pour un projet de valorisation de ses déchets alimentaires gras.
« L'idée est de produire localement du biocarburant grâce aux huiles de friture récupérées dans les hôtels-restaurants, les cantines, chez les particuliers ou auprès des industries agroalimentaires,détaille Hugues de La Bardonnie, le directeur de l'entreprise.On les purifie et cela devient un combustible. On va mettre en place toute une filière de collecte et de valorisation, comme il en existe en Europe depuis vingt ans. »
Dans les pays africains, en revanche, tout reste à faire. L'entreprise de Corronsac va fournir le procédé VEGX200 (photo) qu'elle a développé et le matériel nécessaire, comme ses bacs séparateurs de graisses BAGT. Trois autres partenaires sont engagés dans le projet au Sénégal : S3D Ingénierie à Nantes, un bureau d'études spécialisé dans la valorisation énergétique des déchets et les carburants alternatifs, la « Carmausine de récupération », dans le Tarn, dont le métier est la collecte d'huiles usagées, et qui servira de modèle au projet. Une startup complète le tour de table. Elle développe une application pour smartphone baptisée « Teoola » qui permettra la mise en relation des différents acteurs de la future filière.