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DÉCIDEURS - La Tribune ToulousePolitique - La Tribune Toulouse

Régionales : le maire de Montpellier Philippe Saurel "lève son armée"

Photo de Sophie Arutunian

Propos recueillis par Sophie Arutunian

Publié le 09 juillet 2015 à 08:44 - Mis à jour le 09 juillet 2015 à 16:52

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Il aime sa position de cavalier solitaire et prend plaisir à snober les partis politiques. Le maire "non-aligné" (divers gauche) de Montpellier, Philippe Saurel, entame avec aplomb son "aventure" pour les régionales de 2015. Comment va-t-il financer sa campagne sans le soutien d'un parti ? Va-t-il arriver à composer ses listes ? De passage à Toulouse, le candidat fait le point et tacle au passage ses concurrents Dominique Reynié et Carole Delga. Interview.

Vous avez annoncé votre candidature aux régionales le 29 juin dernier, que s'est il passé depuis ?
J'ai fait plusieurs séances de signatures du manifeste que j'ai écrit (Réparer la République, éditions Privat, NDLR), qui ont été couronnées de succès. On a épuisé 3 000 ouvrages, et on en a refait faire 2 000. Lors de la première séance de dédicace chez Sauramps à Montpellier, j'en ai signé 350. Je ne pensais pas que cela se passerait aussi bien.

Vous devez constituer des listes dans les 13 départements de la future région pour être vraiment candidat, quelles sont vos chances d'y arriver ?
À ce jour, il y a 4 chances sur 5 pour que j'y arrive, je suis optimiste. Si je n'arrive pas à constituer les listes, je ne serai pas candidat.

La campagne pourrait coûter cher, étant donné l'immensité du territoire à sillonner. Comment allez-vous vous financer ?
Avec des dons, et peut-être un crédit. Je pense que je peux faire moins que les 700 000 euros de budget moyen. Les principales dépenses seront réalisées pour les bulletins, les enveloppes, la profession de foi du premier tour, celle du second tour, la location de véhicule et de salle, si jamais je fais un meeting. Il y aura aussi les présentations des têtes de listes dans chaque département lors de conférences de presse. Comme dit Podemos, "c'est au moment où on lève les armées que la guerre commence".

Vous avez ouvert il y a quelques jours une boîte mail, [email protected], pour recruter vos candidats et têtes de listes dans les 13 départements. N'est-ce pas un peu léger comme méthode de recrutement ?
Je suis surpris du nombre de témoignages que j'ai reçu depuis l'annonce de ma candidature. Cette boîte mail a déjà reçu 120 messages de gens qui viennent de partout dans la grande région, et qui m'envoient leur CV pour participer à l'aventure en tant que candidat ou militant. Ce sont des élus ou des citoyens. J'ai aussi mon téléphone, très accessible puisque le numéro est sur internet. C'est une aventure artisanale. Je n'ai pas de structure, pas de financement, rien du tout !

Comment allez-vous convaincre élus et citoyens de vous rejoindre ?
Tout d'abord en présentant un schéma politique un peu nouveau, particulier. Celui qui a permis de gagner Montpellier et de construire une métropole de façon démocratique. Un système loin des partis politiques. Et puis, il y a mon programme.

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Tout d'abord, je prône l'équité territoriale. Je ne conteste pas le titre de capitale régionale pour Toulouse. En revanche, Montpellier doit avoir les compensations nécessaires de tous les avantages en nature dont va profiter Toulouse. Je rappelle que l'État va déporter l'ensemble de ses services sur la région Midi-Pyrénées. Je demande que le traumatisme subi par Languedoc-Roussillon soit compensé par une politique régionale et des fonds adaptés. Par ailleurs, l'équité territoriale doit aussi se faire entre l'urbain, l'inter-urbain, et le rural.

La ministre de la Décentralisation Marylise Lebranchu a pourtant promis qu'il n'y aurait pas de "grand déménagement" des fonctionnaires...
Ça fait longtemps que je n'écoute plus Madame Lebranchu et que je ne considère plus la parole de Solferino comme étant la bible.

Il ne s'agit pas de Solferino mais du gouvernement.
Il y a peu de différence.

Votre programme est également axé sur le développement économique, quels en sont les points fort ?
Il y a 7 piliers : la santé, le numérique, la mobilité, le tourisme et l'industrie, l'agro-écologie et l'alimentation, l'enseignement supérieur et la culture, et la citoyenneté. Le plus urgent, c'est la LGV entre Toulouse et Montpellier.

Le dernier point de mon programme est l'international. La future région doit converser avec les grandes régions européennes et planétaires. Mais aussi avec les grandes cités de la Méditerranée. Il faut enfin créer une triangulation Toulouse / Montpellier / Barcelone.

Est-ce que vous connaissez bien la région Midi-Pyrénées ?
Non, je connais mieux Languedoc-Roussillon. Mais je pense que je serai moins handicapé que Dominique Reynié (candidat Les Républicains) qui arrive de Paris par les airs, et que Carole Delga, qui a été ministre pendant un an, et donc séparée du terrain. D'ailleurs, elle est connue à Martres-Tolosane et en Midi-Pyrénées, mais beaucoup moins en Languedoc-Roussillon. Alors qu'en Midi-Pyrénées, tout le monde connaît le maire de Montpellier !

Quelle est la nature de vos relations avec le PRG ?
Je n'ai aucune relation avec les partis politiques, quels qu'ils soient. Aucune. La liste que je vais présenter sera faite des représentants de la République d'en bas. Les maires. Je rappelle que 80 % des maires sont sans étiquettes.

Y a-t-il vraiment la place à gauche pour une candidature de plus lors de ces régionales ? N'avez-vous pas peur de la montée du FN ?
C'est à Gérard Onesta qu'il faut poser la question ! Il représente un parti qui a toute latitude pour travailler avec le gouvernement ! Pourquoi devrais-je davantage me justifier que le PRG, le FDG, ou EELV ? Selon le dernier sondage, je suis la deuxième force de gauche sur la grande région (9 % au premier tour, NDLR). Je suis le meilleur rempart pour lutter contre le FN, et c'est ce que j'ai dit à Manuel Valls, Carole Delga, Martin Malvy et Damien Alary. Ils n'avaient qu'à me proposer la tête de liste !

Comment est organisée votre équipe, et quel est votre calendrier ?
C'est moi qui fais tout, tout seul. J'ai mon ancien directeur de cabinet avec moi, mon fils (étudiant de 22 ans NDLR) et mon épouse, et quelques amis, des élus. Je vais commencer par présenter les premières têtes de listes départementales dans les semaines à venir. Puis, en octobre, à Carmaux, je réunirai l'intégralité des candidats, sur les terres de Jean Jaurès. Cet été, avec mon fils et mon épouse, nous allons visiter Cahors, Auch, Saint-Gaudens, Pamiers et Lourdes. Je vais y mettre un cierge énorme.

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Y a-t-il des hommes politique français, vivants, qui trouvent grâce à vos yeux ?
Oui, les maires des villages de 200 habitants, qui ne gagnent rien et son corvéables à merci. Ce sont eux qui tiennent la France.

Propos recueillis par Sophie Arutunian

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