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DÉCIDEURS - La Tribune ToulousePolitique - La Tribune Toulouse

Régionales 2015 : Dominique Reynié (Les Républicains) "désinvité" de France 5

Photo de Sophie Arutunian

Sophie Arutunian

Publié le 20 juillet 2015 à 09:02 - Mis à jour le 21 juillet 2015 à 13:03

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Dominique Reynié, candidat LR-UDI pour les régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, ne fréquentera plus le plateau TV de "C Dans l'Air", sur France 5. À son grand regret, il a appris hier que la chaine ne souhaite plus l'inviter comme politologue et professeur à Sciences Po. Dominique Reynié va donc se consacrer à sa campagne, un exercice qu'il "adore". Le candidat doit convaincre les électeurs, mais aussi certains membres de son propre parti, Les Républicains.

Dominique Reynié est en campagne, et à ce titre, ne peut plus parler en tant qu'expert sur les plateaux de télévision. Ainsi en a décidé la chaine France 5, qui avait pour habitude de convier le politologue, notamment pour l'émission C Dans l'Air. La pilule passe mal pour le candidat. Celui qui endosse depuis le 25 avril le costume du "politique" a du mal à quitter ses habits de "politologue" habitué des médias.

En effet, jusqu'à hier ( 20 juillet 2015), il n'était pas question pour Dominique Reynié d'ôter sa casquette d'expert. Le 10 juillet dernier, il était d'ailleurs l'invité de C dans l'Air (France 5) pour donner son avis sur la crise grecque en tant que politologue et prof à Sciences Po Paris. En pleine campagne, ce petit tour par les plateaux TV parisiens n'avait pas manqué d'énerver le PS local, qui note "une ambiguïté entre acteur et commentateur de la vie politique". Pour le candidat LR, il n'y avait pas de polémique possible, le temps de parole des candidats aux régionales n'étant pas encore décompté.

Mais la donne a changé : prévu pour intervenir à nouveau dans C Dans l'Air hier, mardi 20 juillet, Dominique Reynié a été "désinvité".

"France 5 a demandé à C Dans l'Air de ne plus m'inviter. J'ai même été aujourd'hui (20 juillet, NDLR) "désinvité". J'ai donc été invité une seule fois (le 10 juillet, NDLR) depuis que je suis candidat aux régionales."

Pour le politologue et professeur, qui fait de son métier un argument de campagne ("je suis le seul candidat à exercer un vrai travail" dit-il), c'est l'incompréhension :

"Je devais intervenir hier au sujet de l'Europe, pas au sujet des régionales. La décision de France 5 est un peu brutale. On pouvait m'inviter en tant que candidat ! C'est moi-même qui ai d'ailleurs demandé que ma candidature soit mentionnée. Si j'étais un politique de métier, France 5 ne serait pas intervenu ainsi, ce qui montre que l'on accueille en politique plus difficilement les candidats issus de la société civile. Mais cela ne m'empêchera pas de gagner !"

Ainsi, à l'initiative de la chaine, le candidat LR-UDI ne pourra plus intervenir dans C Dans l'Air.

"Je suis complètement légitime et je suis sûr de gagner"

Dominique Reynié se frotte donc aux difficultés et aux contraintes d'une campagne électorale. Depuis son élection comme tête de liste le 25 avril, le parcours n'est d'ailleurs pas sans embûches.

Accusé de "parachutage" parisien, contesté au sein même de son parti, Dominique Reynié peut sembler isolé. Une impression confortée lorsqu'il préfère rester discret sur les noms de ses alliés politiques ou de ses proches soutiens. Surtout, éviter la polémique. Est-il tendance Sarkozy, Fillon, Juppé ? Là encore, pas de nom, pas de prise de position. "Ce n'est pas mon rôle. Je me préoccupe de la région". Et le candidat sait se défendre lorsqu'on l'interroge sur sa légitimité :

"Comment peut-on être plus légitime ? Je suis issu d'une procédure régionale ayant opposé 10 candidats et j'ai été élu, le 25 avril à Sète, au terme d'une campagne et d'un scrutin très formel. Il n'y a pas meilleure légitimité. Inévitablement, à la fin, il y a des pour et des contre. Je trouve normal que les gens qui ne sont pas d'accord le disent. Par contre, la candidature PS de Carole Delga,candidate unique parce que Christian Teyssedre s'est retiré, n'est pas légitime. Pour ma part, j'ai pris le risque de perdre et j'ai gagné. Je n'ai pas été pas envoyé par Paris mais, au contraire, choisi au niveau de notre région."

Avec le même aplomb, Dominique Reynié, nouveau en politique, assure qu'il va remporter l'élection. D'ailleurs, il en a fait la promesse à Sète devant les élus qu'ils l'ont choisi le 25 avril.

"J'ai toujours été certain de gagner l'élection" confirme le candidat, exposant ainsi son argumentaire :

"Dans notre grande région, les électeurs vont avoir le choix entre trois propositions. D'abords, la poursuite du déclin, avec la reconduction de ceux qui sont en place et qui ont, hélas pour nous, largement échoué. La deuxième offre, c'est une politique du chaos : c'est le vote FN, qui repose sur une illusion : on pense renverser la table, on croit provoquer la rupture et on obtient une situation qui est pire que jamais, pour son pays, pour les siens, pour soi-même, à la manière de ce qui se passe en Grèce. La liste que je conduis est la seule à proposer une alternance à la fois paisible, ambitieuse et généreuse. Je ne suis pas anti-système mais hors-système".

"J'adore faire campagne"

Sur son compte Twitter, Dominique Reynié affiche sa campagne en photos. Sur le tour de France, les festivals culturels, les fêtes votives... le candidat sillonne déjà le territoire et prend la pose, toujours en chemise et pantalon de costume. Le politologue, plus habitué aux amphis et aux plateaux de télé climatisés qu'aux marchés de province, affirme qu'il se sent bien.

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"J'adore faire campagne. Aller à la rencontre de mes concitoyens est ce que je préfère. Dès le lendemain matin de mon élection, le 25 avril, je suis allé sur le marché de Sète où je suis resté jusqu'au début de l'après-midi. J'ai été heureux de pouvoir y discuter avec les personnes qui venaient à ma rencontre. Je me suis senti très bien. J'aime ces relations franches, directes, simples et chaleureuses. Ces rencontres à la fois m'encouragent, m'instruisent et m'inspirent."

Duel PS / LR

La candidate socialiste Carole Delga semble être dans le viseur de Dominique Reynié, qui évoque très peu les autres candidats (à ce jour : Philippe Saurel (ex-PS), Louis Aliot (FN), Gérard Onesta (EELV), Damien Lempereur (Debout la France), Robert Rochefort (Modem) et Gérard Poujade (ex-PS)).

Alors que l'ex-secrétaire d'État avait qualifié Dominique Reynié de "schizophrène" le 18 juin dernier, ce dernier rétorque que le bilan de sa concurrente comme maire de Martres-Tolosane est mauvais :

"Le chômage a explosé dans sa commune pendant qu'elle était maire, dans la région pendant qu'elle était vice-présidente et dans tout le pays sous le gouvernement dont elle a été membre. Je ne vois pas quelles sont ses compétences."

Après vérification, les derniers chiffres disponibles de l'Insee indiquent que le taux de chômage à Martres-Tolosane était de 11,1 % en 2007 et de 14,2 % en 2012. Carole Delga a administré cette commune de 2008 à 2014.

Au niveau régional, Carole Delga a été vice-présidente de 2010 à 2012. Durant cette période le chômage est passé de 8,9 % à 12,2%, suivant ainsi la tendance nationale.

Campagne interne

Dominique Reynié, qui sillonne le territoire de la future région à la conquête des électeurs, doit également assurer une campagne de communication interne, pour rassurer ceux qui contestent sa manière de communiquer ("trop cassant", ou "trop distant" entend-on). Néanmoins, plusieurs de ses partisans sont au contraire convaincus par sa personnalité "de professeur", et son côté "approuvé par Paris". D'autres saluent le "renouvellement" qu'il incarne dans la classe politique.
À peine lancée et déjà très commentée, la campagne de Dominique Reynié devrait être suivie de près, aussi bien au niveau local qu'à l'échelon national.

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Sondage : la gauche gagnante

Pour rappel, selon le premier sondage sur les régionales réalisé le 3 juillet par Midi-Libre, au premier tour Dominique Reynié et Carole Delga occuperaient respectivement les 2e et 3e place avec 23 % et 22 % des votes, derrière le FN. Au second tour, le sort serait plus favorable à la gauche qui l'emporterait en cas de triangulaire ou de quadrangulaire.

Sophie Arutunian

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