Dominique Reynié, le candidat qui dérange

Laurent Dubois
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Le 10 mars 2013, Dominique Reynié est sur le plateau de BFM. Face à Manuel Valls, le politologue déclare : "je ne suis pas un politique. Je n'ai pas de mandat. Je n'y prétend pas". Avril 2015, Dominique Reynié est investi par l'UMP pour les élections régionales. Deux ans après sa déclaration au micro d'Olivier Mazerolle, le prof de Sciences Po change d'univers. Fini les commentaires et les analyses, le candidat Reynié se lance dans la mêlée électorale. L'observateur devient acteur. En réalité, ce basculement n'est pas une vraie bascule. Dominique Reynié baignait dans la politique avant de devenir un politique.
Dominique Reynié est universitaire de profession. Auteur d'une thèse sur l'Ordre démocratique, agrégé en science politique, il professe un cours sur les enjeux politiques après avoir dirigé un troisième cycle de marketing. À première vue, Dominique Reynié c'est "amphithéâtre" et "copies à corriger". Mais, en réalité, l'homme a fait toute sa carrière dans un temple du pouvoir : Sciences Po.
Dominique Reynié est un pur produit de l'Institut d'Études Politiques de Paris. Or, la rue Saint Guillaume est une adresse qui a été fréquentée par plusieurs Premiers ministres (Michel Rocard, Lionel Jospin, Alain Juppé, Édouard Balladur), deux présidents de la République (François Hollande, Jacques Chirac), des bataillons de ministres (Emmanuel Macron, Bruno Le Maire), une multitude de hauts-fonctionnaires et une myriade de dirigeants du secteur privé. Parmi les (3 500) enseignants, on ne compte plus les membres des cabinets ministériels, des grands corps de l'État et des entreprises cotées au CAC 40.
Ainsi, l'univers professionnel de Dominique Reynié n'est pas celui d'un simple "prof de fac". En 2012, suite au décès de Richard Descoings, il est candidat à la direction de Sciences Po. Pendant sa campagne, il reconnaît lui même une évidence : "Sciences Po est à la fois un réseau et un ancrage".
Laurent Dubois