Israël s'inquiète des incertitudes venant de ses voisins palestinien, syrien et égyptien

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Jérusalem est préoccupé des possibles nouveaux pouvoirs à Damas et au Caire.

« Le printemps arabe risque de virer à l'hiver iranien ». Cette formule-choc a été lancée récemment par Benjamin Netanyahu. Le premier ministre israélien résume ainsi les craintes en Israël de voir les mouvements islamistes exercer une influence dominante ou même prendre le pouvoir en Égypte, en Syrie, en Cisjordanie ou en Jordanie à la faveur de la vague de contestation démocratique, qui déferle depuis quatre mois au Moyen-Orient. Selon les dirigeants israéliens, les signes « inquiétants » ont en effet tendance à se multiplier.

Le dernier en date remonte à mercredi lorsque, à la surprise générale, les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza, et le Fatah de Mahmoud Abbas, à la tête de la Cisjordanie, ont annoncé un accord de réconciliation. Ces deux mouvements, qui ont souvent réglé dans le sang leur rivalité ces dernières années, doivent former un gouvernement de transition et organiser des élections d'ici un an. Aussitôt Benjamin Netanyahu et Shimon Peres, le président, ont agité le spectre d'une Cisjordanie qui pourrait devenir un sanctuaire pour des « attaques terroristes » du Hamas visant le coeur d'Israël. Benjamin Netanyahu a d'ailleurs bien l'intention de présenter ce scénario catastrophe lors d'une visite la semaine prochaine à Londres et Paris, puis à la fin mai à l'occasion d'un discours devant le Congrès à Washington.

Inquiétude

La nervosité est d'autant plus palpable que les inconnues ont bouleversé des règles du jeu établies depuis des décennies. Sur le papier, la déstabilisation de Bachar al Assad en Syrie, un allié de l'Iran qui soutient le Hezbollah libanais et le Hamas, aurait dû réjouir les dirigeants israéliens. Or il n'en est rien. Le président syrien a en effet l'avantage d'être « prévisible » dans ses réactions et d'avoir maintenu un calme total sur la ligne de front israélien. Dans ce cas aussi, l'inquiétude porte sur la montée en force des islamistes, ou pire encore, sur un chaos, dont pourraient profiter des partisans d'Al Qaïda.

Mais le coup le plus dur est venu d'Egypte avec la chute d'Hosni Moubarak, qui était considéré comme le meilleur garant du premier traité de paix signé par Israël avec un pays arabe en 1979. Depuis la révolution au Caire, les déclarations jugées anti-israéliennes des dirigeants des Frères musulmans, des militaires au pouvoir ou des candidats potentiels aux futures élections présidentielles sont examinées à la loupe. Officiellement, l'heure est à la discrétion. Mais l'image que donnent les médias israéliens n'a rien de rassurant. Résultat; selon un récent sondage près des deux tiers des Israéliens estiment que les révolutions arabes n'annoncent rien de positif pour leur pays.

 

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