Turquie : une présence commerciale renforcée au Proche-Orient

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Parallèlement à ses exportations vers l'UE, Ankara a développé le commerce avec ses voisins arabes.

Le ministre d'état Zafer çaglayan est confiant. « D'ici la fin de l'année, nous battrons un nouveau record. Nous dépasserons les 135 milliards de dollars d'exportations et retrouverons notre niveau de 2008 a-t-il déclaré début juin. Nous avançons sereinement vers notre objectif de 2023. » À cette date, le centenaire de la République turque, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan, souhaite en effet atteindre 500 milliards de dollars d'exportations.

Pour cela, le gouvernement turc tente de diversifier au maximum ses marchés sans toutefois délaisser son principal partenaire commercial, l'Union européenne (en 2009, 45 % de ses exportations ont été destinés aux 27 pays de l'Union). Depuis huit ans, Ankara a ainsi signé toute une série d'accords de libre-échange notamment avec la Syrie, le Liban, la Jordanie, la Palestine, l'Égypte, la Tunisie et le Maroc. En parallèle, elle a conclu des accords avec de nombreux pays pour lever l'obligation de visas. Le dernier en date est entré en application en mai avec la Russie. Et les résultats sont là. Les exportations en direction de Moscou ont doublé entre 2005 et 2010. Même constat avec des pays comme l'Irak, l'Iran, l'Égypte et la Syrie.

Bousculade en Irak, Qatar...

Les révoltes arabes ont toutefois eu un impact sur la Turquie. Les exportations turques vers Damas sont passées de 187 millions de dollars en mars à 121 millions en mai. La chute est beaucoup plus vertigineuse pour la Libye. Les exportations turques y sont passées de 88 millions de dollars en février à 3 millions en avril. En février, Ankara avait dû rapatrier ses 25.000 ressortissants installés en Libye, où les entreprises turques de travaux publics sont très présentes. « De nombreuses sociétés ont quitté la Libye et veulent désormais travailler en Arabie Saoudite, en Irak ou au Qatar », constate Suzan Cailliau du Conseil des relations économiques extérieures (DEIK). « Le marché irakien par exemple est extrêmement important pour la Turquie. C'est un pays qui a besoin de tout. Ankara souhaite devenir son premier fournisseur et ce n'est pas un rêve irréalisable », dit-elle.

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