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Économie - La Tribune Région Sud

Didier Raoult : "Dire que la chloroquine est un poison au moment où on en a besoin, cela n'a pas de sens"

Laurence Bottero

Publié le 24 mars 2020 à 17:11 - Mis à jour le 24 mars 2020 à 18:34

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Mis sous le feu des projecteurs depuis plusieurs jours, le directeur de l'Institut Méditerranée Infection basé à Marseille explique dans un entretien vidéo publié par l'IHU pourquoi le traitement qu'il préconise dispose d'un réel intérêt. Et en profite pour rejeter les critiques énoncées par ses pairs. Droit dans ses bottes et… droit au but.

Il se dit "touché" par les marques de soutien et de sympathie qui lui arrivent à flot. Dont le soutien de l'Assistance Publique et de l'ARS, ainsi que des collectivités. Mais explique aussi qu'il ne peut répondre à ces sollicitations, "trop occupé", à traiter les 75 malades hospitalisés et les 600 personnes qui viennent, tous les jours, depuis lundi, se faire dépister.

Interrogé via un entretien vidéo posté sur Youtube sur la toxicité évoquée de hydroxychloroquine, Didier Raoult dit avant tout qu'il est "prématuré de donner des résultats cliniques sur la suite des personnes que l'on traite, mais ne vous inquiétez pas, tout va bien". Et d'entrer tout de suite dans le vif du sujet : "concernant la toxicité, le monde devient fou". Rappelant au passage que la FDA (Food and Drug Administration, organisme qui autorise la commercialisation de médicaments aux Etats-Unis NDLR) "qui est un gendarme extrêmement sévère, a donné son feu vert pour traiter les New Yorkais avec l'hydroxychloroquine et l'azithromycine". Et de donner des chiffres, "pour mettre en perspective" s'appuyant sur une étude menée au pays de l'Oncle Sam, où il ressort qu'1 personne sur 8 a recours à l'azithromycine, en une année. "Concernant la chloroquine, plus d'un milliard de personnes en a mangé". Voilà qui est posé.

Prescriptions déjà effectuées

Interrogé sur les complications cardiaques - notamment des torsades de pointe - que le traitement qu'il préconise pourrait provoquer, Didier Raoult veut rassurer, indiquant que celles-ci concernent des personnes qui ont de multiples maladies et de multiples médicaments, que ces torsades sont détectables avant qu'elles n'arrivent et se traitent par du magnésium en intraveineuse. "Donc ce sont encore des fantômes que l'on agite là. Je ne sais d'où ça vient mais dire que l'hydroxychloroquine qui a été prescrite à des millions de personnes, depuis 30 ans, est un poison, ça laisse absolument rêveur. Que l'on découvre cela juste au moment où on en a besoin c'est absolument étonnant". Et d'enchaîner en précisant que "globalement ce sont des médicaments qui ont été prescrits à des milliards de doses. L'azithromycine est le traitement le plus utilisé au monde dans le traitement des affections respiratoires, on tombe des nues lorsque l'on dit découvrir que c'est un danger extrême. Tout cela n'a pas de sens".

Traiter tôt

A la question - les critiques ? - qui concernent le traitement des patients en réanimation, le professeur Raoult précise qu'à ce stade précis, les malades "n'ont presque plus de virus, nous n'arrivons même plus à le cultiver. Donc c'est trop tard pour traiter avec des anti-viraux. C'est quand nous avons affaire à des formes modérés, moyennes ou qui commencent à s'aggraver qu'il faut traiter parce qu'à ce moment nous contrôlons le virus qui se multiplie", précise-t-il. Dont dès qu'il y a perte de l'odorat ou du goût du sel. "Ce sont ceux qui ressentent cela qu'il faudra traiter en priorité".

Concernant les chiffres de mortalité, Didier Raoult explique surveiller "la mortalité réelle dans notre échantillon à nous. Si nous considérons les 4 derniers mois de cette année par rapport à la même période l'an dernier, nous constatons deux fois moins d'infections respiratoires virales. Il y a moins de grippe et de virus respiratoires qui ont circulé. Nous verrons les données pratiques que nous récolterons. La leçon de ça c'est que c'est une maladie qui se répand, la mortalité touche la même tranche de mortalité que les autres affectons virales respiratoires". Un discours qui veut sinon rassurer, tout au moins calmer le jeu tant le sujet de chloroquine comme traitement au Covid-19 est devenu le sujet passionnel du moment.

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Pour rappel l'IHU a communiqué ce 22 mars être décidé "conformément au serment d'Hippocrate que nous avons prêté", à traiter les patients diagnostiqués comme infectés par une association combinant hydroxychloroquine et azithromycine.

À lire également

  • Coronavirus : l'IHU Méditerranée Infection (et Didier Raoult) persistent et signent
  • Coronavirus : l’IHU Méditerranée Infection en voie de prouver l’efficacité de la chloroquine
  • L’IHU Infection Méditerranée : quelles avancées, quelles ambitions ?

L'Institut Hospitalier Universitaire Méditerranée Infection, créé en 2011, est spécialisé dans la lute contre les maladies infectieuses. Parmi ses fondateurs on trouve l'ANR, la Région Sud, le Département des Bouches-du-Rhône et la Ville de Marseille.

Laurence Bottero

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