La Région Sud veut faire la preuve de l'équation entre écologie et développement économique
Laurence Bottero
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C'est un budget « 100 % climat » qui a été voté en fin d'année dernière par la Région Sud, désignée par l'Etat comme territoire pilote de la planification écologique. Une région où, désormais, les projets de décarbonation fleurissent, notamment à Fos-sur-Mer, là où est installé l'un des sites les plus polluants de France, celui d'ArcelorMittal. Deux versants d'une même ambition reflétant les grands enjeux d'une (ré)industrialisation verte. Avec, parmi les défis à relever, celui de la compatibilité entre activité économique et écologie.
Dans cette région touristique et industrielle, fragile face au réchauffement climatique, « nous avons travaillé sur la question de savoir comment développer une économie florissante sur tout notre territoire, parce que cela signifie de l'emploi, des retombées sociales, de la richesse pour le territoire. Mais nous avons aussi travaillé sur comment la conjuguer avec la protection de l'environnement », déclare Christophe Madrolle, conseiller régional et président de la commission biodiversité, mer, littoral et risques. Illustration de cette problématique, les croisières, « un apport de richesse pour la ville, le département, la région... », mais aussi montrées du doigt pour leur impact environnemental. « Nous sommes conscients de la pollution de l'air et nous essayons de trouver des outils, dont l'électrification des quais, par exemple, pour maintenir la croisière », avance ainsi ce partisan de « l'écologie de la discussion ». Une électrification des bateaux à quai, déjà effective, qui le sera en effet bientôt également pour ces paquebots.
Quel serait l'élément clé dans cet équilibre, délicat à trouver ? « Nous possédons une spécificité : nous construisons le projet territorial avec l'ensemble des acteurs », répond Christophe Madrolle. Exemple, au sein du Parlement de la mer, créé l'an dernier par la Région Sud, et qui rassemble plusieurs filières - économie maritime, pêche et aquaculture, attractivité et sport ainsi que biodiversité - « une synergie s'est créée entre acteurs qui travaillent dans des secteurs complètement différents mais liés au maritime, et qui, à un moment donné, ont des préoccupations semblables », analyse-t-il. De même, en ce qui concerne la mobilité, lorsque certains salariés ne souhaitent pas aller sur site, en raison d'un temps de transport trop long pour se rendre au travail, par exemple, « la dynamique de l'aménagement des territoires influe obligatoirement sur la dynamique économique et la protection de l'environnement », rappelle-t-il.
Laurence Bottero